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Agroéquipement / Les tracteurs agricoles tracent le bon sillon

Publié le mardi 27 janvier 2009 à 01H00 - Vu 65 fois


Philippe Ravillon : « La progression continue ».

Philippe Ravillon : « La progression continue ».

Christian Lantenois


LA filière des agroéquipements est particulièrement satisfaite de son sort. Pour 2008, les immatriculations des tracteurs agricoles standards sont en hausse de 16, 5 % avec 31.557 unités vendues. « La progression continue. Depuis deux ans, nous travaillons beaucoup. On peut considérer qu'elle est liée à l'envolée des prix des céréales en 2007. Toutefois, on ne peut pas oublier que nous sommes sur des investissements cycliques, et actuellement nous sommes en haut de cycle », explique Philippe Ravillon, concessionnaire et président régional de Sitma FG (Société des ingénieurs et techniciens du machinisme agricole). L'achat n'est pas anodin puisqu'un tracteur coûte entre 60.000 et 100.000 euros. En Picardie, on enregistre une hausse de 23, 6 %, avec 1.541 tracteurs standards, en Champagne-Ardenne, la hausse est très significative avec 1.788 tracteurs vendus (+28, 4 %). Si on cible de plus près ces ventes, on enregistre une forte augmentation de la puissance moyenne des tracteurs standards qui s'établit à 133 chevaux DIN. Elle était de 107 chevaux en 1999 ce qui correspond à une hausse de 26 chevaux, soit une moyenne de près de 3 chevaux par année.
Cette progression peut s'expliquer par la restructuration des exploitations agricoles, ainsi que par une augmentation des surfaces travaillées. Elle s'explique également par l'introduction de nombreux nouveaux modèles équipés de moteurs plus puissants qui répondent à des normes renforcées en matière de pollution, et d'émissions de gaz. « Si les nouvelles normes sont un facteur de renouvellement de matériel, la nouvelle génération d'agriculteurs veut également produire mieux. Elle souhaite des machines efficaces qui consomment moins. »
Les pulvérisateurs sous contrôle
Pour les enjambeurs, la demande est moindre. « Elle est en baisse de 9 % (507 enjambeurs). Il s'agit d'un petit marché, désormais mature, qui concerne certaines régions viticoles comme la Bourgogne, ou la Champagne qui absorbe d'ailleurs la moitié des acquisitions. » Si l'agroéquipement semble sortir son épingle du jeu, Philippe Ravillon reconnaît « un léger fléchissement depuis novembre 2008. Il est associé à la baisse des cours des marchés des céréales. Toutefois nous ne craignons pas la crise économique pure et dure, comme celle qui frappe l'industrie. Au contraire, nous étions en surchauffe, les délais des livraisons vont être plus courts. Jusqu'à l'année dernière, il y avait un an d'attente ».
Avec le contrôle des pulvérisateurs qui vient de débuter, la filière va bénéficier d'un vrai souffle d'air. « 400.000 pulvérisateurs vont être contrôlés durant 5 ans. »
Entre les réparations à effectuer et les appareils obsolètes à changer, il y aura encore des marchés à prendre sur des équipements dont les premiers prix démarrent à 40.000 euros l'engin.

Sophie Claeys-Pergament



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Une nouvelle union



Créée en 2008, Axema est l'union des industriels de l'agroéquipement. Née de la volonté des trois syndicats fondateurs Secima, Sncva et Sygma, Axema rassemble et fédère aujourd'hui 230 adhérents, constructeurs et importateurs de matériels et d'équipements agricoles et d'espaces verts. Elle représente 90% du marché français estimé à 4,6 milliards d'euros en 2008. Concernant le marché global des immatriculations de tracteurs agricoles neufs, toutes catégories (standards, vignes et vergers, enjambeurs vignerons, télescopiques, espaces verts, industriels...) 43.661 unités ont été immatriculées en 2008, soit une hausse de 16,1% par rapport au marché de l'année 2007 qui avait enregistré 37.610.



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Main-d'œuvre : « Nous avons besoin de 5.000 personnes »


« On manque de main-d'œuvre, nous avons besoin de 5.000 personnes », déclare Philippe Ravillon. « Les lycées de formation professionnelle ferment des classes d'agroéquipement par manque d'élèves, alors que les départs à la retraite sont massifs et vont même encore s'accentuer dans les prochaines années. »
Image méconnue
Une situation qui peut compromettre le développement économique des entreprises devant la pénurie de personnel formé aux nouvelles technologies qui composent toutes les machines agricoles modernes.
Selon Laurice Pechberty, vice-présidente de l'Aprodéma, Association professionnelle de développement de l'enseignement du machinisme agricole et des agroéquipements, les causes sont déterminées : « Elles sont liées à la méconnaissance totale de nos métiers par le grand public, et à l'image de l'agriculture mal reconnue ».
Les besoins sont d'ailleurs recensés. « Pour la majorité, il s'agit de postes dans les concessions comme magasiniers, techniciens, mécaniciens ou maintenance. Ensuite, les constructeurs ou importateurs recherchent également des salariés dans des domaines aussi variés que la mécanique, le marketing ou le commercial. »
Face à cette situation, la profession a déclaré l'état d'urgence et mandaté l'Aprodéma pour mettre en place une vaste campagne de promotion des métiers.
Opération promotion
Cette opération se déroulera au Salon international de l'agriculture qui se tiendra à la porte de Versailles à Paris du dimanche 22 février au dimanche mars 2009. Un « Show des Métiers des Agroéquipements » sur un vaste stand de 300 m2 sera organisé dans le hall 3. « Il s'agira de mettre en scène des jeunes élèves de lycées professionnels qui effectueront des opérations mécaniques et électroniques sur des tracteurs et machines agricoles mis en place pour la circonstance. Les visiteurs pourront ainsi être sensibilisés à nos métiers. »
Pourquoi le salon de l'Agriculture ? « Ce salon draine chaque année environ 600.000 visiteurs du grand public qui est précisément celui que nous visons pour rejoindre nos rangs. Nous devons nous faire connaître ailleurs que dans notre milieu professionnel agricole. »
En ces périodes de crise, Laurice Pechberty observe : « Actuellement, il n'existe pas beaucoup de filières qui peuvent se targuer de proposer autant d'emplois. À la sortie du lycée, un jeune a 100 % de réussite de trouver un job ».
S.C.-P.

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