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Visite des rues à la lueur d'une lanterne

Publié le mercredi 10 août 2011 à 09H38 - Vu 139 fois


La balade à la lanterne qui dure une heure et demie se termine en beauté sur la place Ducale.

La balade à la lanterne qui dure une heure et demie se termine en beauté sur la place Ducale.


CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (Ardennes) Au-delà de la place Ducale, l'office du tourisme propose de visiter Charleville la nuit tombant. L'occasion d'aller à la rencontre d'un patrimoine riche de témoignages du passé.

QUE la nuit ne tombe pas assez vite. Voilà le seul reproche qu'on peut formuler quant à la visite de Charleville à la lanterne. Balade d'une heure et demie organisée les vendredis soir par l'Office du tourisme, cette petite virée dans le cœur historique de la cité de Gonzague est destinée tant aux Carolos qu'aux visiteurs extérieurs.
Première étape : le point central devant la statue de Charles de Gonzague, le fondateur. Un monument extrait de la place Ducale en 1999 après cent ans de bons et loyaux services pour que l'écrin puisse retrouver son jus d'origine et espérer être classé au patrimoine mondial de l'Unesco : « Je me souviens du raffut que ça avait provoqué », glisse Michèle, une Macérienne, à l'auditoire. Virginie, guide de l'office, ne peut s'empêcher de nous narrer « la légende urbaine » liée à la statue : « Il a été dirigé vers la gare pour accueillir les nouveaux visiteurs ».


Vestiges de la porte de France


Direction ensuite le vrai Charleville, l'historique, celui qui a été construit au XVIIe siècle : « Il commence là où se trouvait la porte de France. Charleville, fondée en 1606, se divisait en quatre quartiers entourés de remparts et trois portes. Ici, rue piétonne on entre dans Charleville par la porte de France qui fait face à Mézières, appartenant alors au royaume de France ».
Amis piétons, ouvrez l'œil, car le sol porte encore les traces du monument. Au niveau de la boutique MS Mode, des dalles forment un décroché marquant l'emplacement de la porte donc l'entrée initiale de Charleville. Le petit pavillon situé à côté du magasin constitue l'un des rares vestiges de la Porte.
Le bâtiment est construit en pierres de Dom et briques rouges, caractéristiques de toutes les constructions de l'époque.


Ainsi rue de la Paix, menant à la place Winston-Churchill, trouve-t-on une multitude de bâtisses du XVIIe siècle : « En rez-de-chaussée étaient installés les boutiques et ateliers des artisans. Ils suivent toujours le même plan : deux arcades encadrant une porte par laquelle entraient les deux commerçants jusqu'à une cour intérieure pour rejoindre, par l'arrière leur atelier ».
Car Charleville, principauté indépendante, se voulait ville de commerce : « Charles de Gonzague a fait beaucoup pour attirer les marchands. Sur la place Ducale, il leur a permis de louer gratuitement pendant dix ans un demi-pavillon. Les bateaux qui passaient par la Meuse avaient obligation d'exposer pendant vingt-quatre heures leurs marchandises avant de repartir ».


Zoom sur la rue Hippolyte-Taine


Commerce mais aussi religion. Charles de Gonzague très pieux avait ainsi divisé en quatre quartiers sa ville ayant chacun sa place, en référence aux quatre évangélistes.
De nombreux ordres religieux sont venus s'installer dans la cité nouvelle : « Sur la place Saint-François, aujourd'hui place Winston-Churchill, l'actuelle maison d'arrêt accueillait la congrégation des Capucins et à deux pas dans la bâtisse au portail vert celle des Carmélites. Les petits garçons allaient étudier chez les Capucins, les filles chez les Carmélites, puis les garçons chez les Jésuites, place Saint-Ignace (actuelle place Condé) et les filles chez les Sépulcrines place du Saint-Sépulcre, aujourd'hui place Jacques-Félix ».
Autre lieu qui vaut le détour : la rue Hippolyte-Taine, anciennement rue des Juifs, où se trouvait l'ancienne synagogue de la ville, dont les restes ont été définitivement détruits en 1945 : « Les Juifs ont été accueillis avec bienveillance à Charleville avant d'être chassés en 1633, on ne sait pas très bien pourquoi ». De nombreux tanneurs étaient également présents dans la rue.


A ne pas louper : cette ancienne échoppe dont on distingue encore les volets et le battant. Une balade au cours de laquelle seront aussi évoqués la cathédrale et le palais ducal de Charleville qui ne virent jamais le jour, le théâtre, les rues d'Aubilly, la place des Sépulcrines et évidemment les aléas de la construction de la place Ducale… Un petit joyau que vous pourrez découvrir en fin de parcours vendredi soir.
 

En pratique :

« Charleville : visite nocturne à la lanterne » vendredi 19 août et « Mézières : visite des remparts aux flambeaux » conduite par les Toqués vendredi 12 août dès 20 heures, départ respectivement devant l’Office du tourisme place Ducale et la basilique Notre-Dame d’Espérance. Réservation au 03.24.55.69.90. Tarif : 7 euros (visite et boisson lors du pot final comprise).

pasdenouvellebonnenouvelle

M.T.
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