Publié le mercredi 15 août 2012 à 09H38 - Vu 267 fois
Pour dissuader les voleurs, c'est une Marie (blanche) sans valeur historique qui prend désormais place au milieu de la procession, à la place de la Vierge d'origine (noire).
LES ISLETTES (Marne). Aux Islettes, chaque 14 août au soir, a lieu une procession en l'hommage de la Vierge Marie, représentée par une statue aux origines mystérieuses.
HIER encore, comme tous les ans, ils étaient entre trente et cinquante fidèles à prendre part à la procession suivant la messe du 14 août au soir. Un cortège qui parcourt une centaine de mètres vers la chapelle Notre-Dame de la vallée de la Biesme, en hommage à la Vierge Marie, personnalisée ici par une statue bien particulière. Une sculpture en bois très sombre à l'origine, dont les anciens estiment qu'elle était présente dans la 1re église du village… avant la Révolution française.
Pas d'écrits, peu de photos
De tout temps, la provenance de cette statue, de même que l'identité de son géniteur, est restée un mystère. Autrefois, il se murmurait qu'elle aurait été taillée dans un arbre par un bûcheron très adroit. Chose rare dans un village, les traces écrites manquent, les photos sont rares.
Marie-Paule Dutartre, 82 printemps, est la seule à s'être toujours intéressée à l'histoire de cette vierge tombée du ciel. Elle a conservé des écrits des informations recueillies auprès des anciens. Avec des récits étonnants. « En mai 1940, un certain Ernest Téraux est venu déposer une lettre aux pieds de la statue, en lui demandant de protéger sa maison pendant son départ en exode, se souvient l'octogénaire. À son retour, la lettre n'avait pas bougé, et sa maison était debout, entourée par un champ de ruines. »
La seule photo ancienne que possède la retraitée est celle du 29 août 1944, jour de la libération des Islettes, où l'on mit un drapeau tricolore dans la main de Marie, portant l'enfant Jésus dans le creux de son bras gauche.
Une grappe de raisin dans la main
L'autre singularité de la Vierge des Islettes, c'est la grappe de raisin qu'on lui a toujours fait tenir dans la main droite. Là aussi, quelques hypothèses mais pas de réponse concrète. « Une superstition de plus, quand bien même le raisin et la vigne ont leur place dans l'eucharistie », précise Marie-Paule Dutartre.
Le 15 août marque en effet « le réveil de la nature », selon celle qui a toujours vécu dans le village, qui rappelle au passage l'existence « de nombreuses Vierges à grappe ». Une grappe que, tradition oblige, la statue a retrouvé hier soir, et qu'elle gardera en main jusqu'à ce que le fruit s'abîme. « Cela peut durer très longtemps, s'amuse Marie-Paule Dutartre. Mais ça n'a rien d'un miracle, même si elle en a déjà fait. »
C'est une Vierge Marie de moindre valeur qui a pris place sur le porteur hier soir. La « vraie » statue est depuis quelques années scellée à l'intérieur de l'église. Histoire de se protéger d'esprits malveillants. Les récits font état de la découverte, il y a quelques années, du nom et de la localisation de la statue… sur la liste de voleurs à Paris.
Benjamin HAY
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Les dernières contributions
Le Sénégaulois
22/08/2012 à 10h13
Laissons les gens croire à ce qu ' ils veulent du moment qu' ils ne gênent pas les autre , c' est ma religion !!!!
Heathcliff
15/08/2012 à 19h49
la religion monothéiste étant un peu trop austère, l'église catholique l' a affublée de saints, saintes de toutes sortes, héritage des anciens cultes et revoilà la superstition qui revient.