Publié le mardi 14 août 2012 à 10H14 - Vu 731 fois
Cette sculpture de Louis Oscar Guillaume a été offerte à la ville de Mézières par le journal Le Matin après la Première Guerre mondiale. C'est une des onze répliques données aux onze villes ayant particulièrement souffert en 14-18. A Lille, lors de son installation, cette statue déclencha immédiatement la polémique.
CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). COINCÉE entre une grande armoire début XXe et une des fenêtres du bureau du maire de l'hôtel de ville (nos éditions du 7 août), cette sculpture, de plus de deux mètres de haut, semble avoir été remisée là un peu par hasard…
À moins que ce ne soit la polémique qui l'entoure qui ait conduit à la placer dans ce petit coin.
Intitulée La Délivrance, ce bronze d'Émile Oscar Guillaume (1867-1942) réalisé en 1914 au lendemain de la victoire de la Marne (sous l'appellation originale de La Victoire), représente une femme nue les bras et le visage levés vers le ciel, une épée dans la main gauche.
Sur le socle, on peut lire : « 1914-1918. Offert par le journal Le Matin à la ville de Mézières en mémoire de la victoire du droit sur la force, de la civilisation sur la barbarie ».
Cette sculpture témoigne de l'élan de solidarité qui a eu lieu envers les communes fortement touchées par les bombardements de la Première Guerre mondiale. Onze communes françaises et belges ont reçu une réplique de l'œuvre de Guillaume.
Le vendredi 17 octobre 1919, le quotidien Le Matin donnait la liste. En plus de Mézières, il s'agissait d'Amiens, Bruxelles, Colmar, Liège, Lille, Metz, Reims, Saint-Quentin, Strasbourg et Verdun.
Le dimanche 19 octobre 1919, la première statue est inaugurée à Lille, la plus grande des villes occupées. Installée dans le jardin Vauban, l'œuvre aurait été rapidement déplacée au palais Rameau pour raisons esthétiques.
"Madone de la paix"
Les archives municipales de Nantes concernant « la longue et difficile construction d'un monument aux morts nantais » permettent de mieux comprendre ce qui a dérangé dans cette statue. Car l'exemplaire lillois déménage effectivement à Nantes (il y serait depuis 1920) où il est inauguré en même temps que le monument aux morts (cours Saint-André) le 17 juillet 1927.
« La presse de droite se déchaîne alors contre l'impudeur de la Délivrance, cette œuvre du sculpteur Guillaume représentant la victoire. La statue ne restera pas longtemps devant les trois plaques commémoratives […]. Le 11 novembre de la même année, un groupe dirigé par le chef des jeunesses patriotes jette la Délivrance à terre et la frappe à coups de hache. La condamnation de cet acte, le 24 février 1928, par le tribunal correctionnel de Nantes ne réhabilitera cependant pas la statue dans sa position initiale […]. »
Rétablie le 26 octobre 1937 après, on imagine de nouvelles polémiques, dans le square du maquis de Saffré, elle est à nouveau descendue en 1940 pour échapper aux Allemands intéressés par le bronze.
Elle est réapparue en 1984 lors d'une exposition et a finalement trouvé sa place en 1987 devant l'Hôtel de la Région, à la Pointe de l'île Beaulieu.
En 2008, la commune a acheté aux enchères un autre exemplaire de La délivrance, celui-là dédicacé à Aristide Briand.
D'après un article de Thierry Ballu, du journal Ouest France, cette dédicace au futur prix Nobel de la Paix (en 1926) lui aurait fait « quelques années plus tard, endosser le symbole de madone de la paix ».
D'autres exemplaires ont été érigées à Finchley (un bourg de Londres) et devant la mairie de Chéroy, une ville de l'Yonne.
Nathalie DIOT
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Les dernières contributions
lucreims
reims
15/08/2012 à 06h00 | 1
leretour
Source : wikipédia
leretour
La France ORANGE MECANIQUE
14/08/2012 à 23h08
La photo de l article n est pas inversée !!
La Délivrance est une statue qui représente une femme nue, dressée sur la pointe des pieds, jambe droite en avant, les bras et le visage tendus vers le ciel. Elle tient dans la main droite un glaive pointé vers le haut. Elle repose sur un socle en forme de demi-sphère1. Œuvre d'Émile Oscar Guillaume réalisée en 1914 et intitulée à l'origine La Victoire, elle est choisie en 1919 par le journal Le Matin pour être reproduite en onze exemplaires de bronze doré, sous le nom de La Délivrance, par les fondeurs de la Maison F. Barbedienne2.
w_h
Charleville-Mézières
14/08/2012 à 18h02
@ anne.bak
Je vous en prie. Mais je vous dois la vérité : je n'ai pas l'original. J'ai copié la version du journal, puis j'ai fait le symétrique avec le premier logiciel d'édition d'images qui me tombait sous la main, j'ai stocké le résultat sur le web et j'ai mis le lien à votre disposition.
anne.bak
14/08/2012 à 15h05
@w_h : merci pour la photo originale.
Mais pourquoi la retourner, ce qui contredit du coup le texte ?
w_h
Charleville-Mézières
14/08/2012 à 13h39
@ anne.bak
http://tinyurl.com/c8hcs9j
Hé hé hé...
anne.bak
14/08/2012 à 11h17
Il serait bon de se relire avant de publier, l'épée est dans la main droite de la statue !