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Un musée d'avant-garde pour la ville des sacres

Publié le dimanche 10 juin 2012 à 11H00 - Vu 630 fois


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Le cœur du quartier Boulingrin, un véritable lieu de vie

Le cœur du quartier Boulingrin, un véritable lieu de vie


REIMS (Marne). La ville de Reims a rêvé d'un musée « nouvelle génération », ouvert, économe et facile à comprendre. David Chipperfield l'a fait. L'architecte anglais et son cabinet berlinois mondialement reconnus dans le domaine ont conçu pour mettre en valeur les collections du musée des Beaux-arts.

Avec son tramway coloré qui a rafraîchi la ville, sa cathédrale restaurée et chaque soir animée, ses halles couvertes sublimées qui rouvriront en septembre, on dirait que Reims sort enfin de sa léthargie. Un nouveau pôle est même en passe de renaître et de précipiter la belle endormie dans le carré des grandes métropoles où il est bon de venir vivre.
C'est dans le quartier Boulingrin que va en effet s'installer le nouveau musée des Beaux-arts. On attend un bâtiment contemporain aux lignes épurées entre l'antique porte Mars et les halles Freyssinet et sa voûte de béton réputée d'un seul tenant. Une petite révolution quand on sait les réticences ici à bouger les lignes et les lenteurs ancestrales à prendre des décisions.
Pendant que s'ouvraient dans chaque région, chaque grande ville et même dans des villes de plus en plus « moyennes », de nouveaux musées aux architectures audacieuses et fort coûteuses, propres à faire tourner les projecteurs médiatiques et attirer l'attention parfois du monde entier, Reims attachée à la certitude que la cathédrale des sacres suffisait à sa réputation, réfléchissait encore à l'opportunité d'offrir un nouvel écrin à ses trésors. Il faudra donc que le projet si longtemps mûri soit particulièrement avant-gardiste. Histoire de rattraper le retard. Dans la cohorte des musées des Beaux-arts qui ont fleuri en province au début du siècle dernier, celui de Reims fait désormais figure de relique même si David Liot son directeur l'a ranimé périodiquement à la faveur de belles expositions temporaires. Fallait-il le moderniser ou plus radicalement abandonner des locaux définitivement inadaptés et construire un nouveau musée ailleurs ? Adeline Hazan a tranché : « Nous nous sommes longtemps demandés s'il fallait reconstruire sur le site de l'ancienne abbaye Saint-Denis, le musée des Beaux-arts ouvert en 1913 ou bien construire un musée neuf sur un autre site », indique la maire de Reims. Les surfaces du musée actuel sont depuis longtemps insuffisantes pour la conservation et pour l'exposition des œuvres. L'implantation d'un nouveau musée s'est donc imposée dans le quartier République à côté des halles Freyssinet dites Boulingrin qui sera à nouveau ouverte au public à l'issue de sa restauration en septembre.

Un quartier branché

« Le choix de ce site est un clin d'œil à l'histoire puisqu'il fut un moment envisagé de faire un musée à cet endroit », rappelle Adeline Hazan. Ce quartier en plein devenir avec les halles rénovées qui accueilleront nourritures terrestres et manifestations culturelles diverses dont des expositions ou des concerts est en passe de devenir l'un des endroits les plus branchés de la ville. « L'objectif était en priorité la mise en valeur des collections et évidemment de leur offrir toute la surface nécessaire. Le musée actuel n'offre que 5 000 mètres carrés de surface. On aurait pu se faire plaisir et construire un musée beaucoup plus grand. Mais la contingence financière nous oblige à nous contenter de 11 000 mètres carrés. Soit un gain tout de même important puisqu'on double la surface actuelle. Nous voulons un musée ouvert sur l'espace public pour favoriser notamment la pédagogie. » La maire et son adjoint à la culture Serge Pugeault ont profité de l'opportunité d'un musée neuf pour remettre tout à plat. « Il nous fallait un musée nouvelle génération qui réponde aux exigences d'un public élargi. »
L'objectif est d'accompagner le visiteur et non plus lui imposer un itinéraire linéaire. Il pourra construire son propre parcours. Le choix du projet de l'architecte David Chipperfield s'est imposé justement par la mise au service de ce musée à la carte, d'une architecture non contraignante et évolutive.

Dossier réalisé par Françoise Kunzé

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