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Un instrument à 100 000 euros Un piano en forme d'avion

Publié le dimanche 19 avril 2009 à 01H00 - Vu 155 fois


Pour Olivier Colin, 44 ans,  « C'était un rêve de gosse ».

Pour Olivier Colin, 44 ans, « C'était un rêve de gosse ».

ST¿PHANIE GRUSS


SIX mètres de long, 4,85 mètres d'envergure, 1,6 tonne… le plus grand piano du monde a l'allure d'un… avion. « Nous avons rajouté des ailes, un nez, des pieds en forme de train d'atterrissage et des laids de lumière à l'intérieur du piano pour représenter les fenêtres », explique avec fierté le pianiste Olivier Colin, 44 ans, qui possède la marque Colmann France.
Ce Bragard a conçu « ce monstre », comme certains l'ont baptisé, aux côtés de Maurice Macari, le dernier facteur français de pianos. Une vraie prouesse technologique. « Il a fallu tout revoir et tout recalculer pour que le son puisse se dégager, précise-t-il. Sa coque et ses deux lyres lui assurent une sonorité étonnante, et des systèmes audio ont été placés dans les réacteurs. « Jouer là-dessus est un vrai bonheur ! ». L'instrument est par ailleurs entièrement automatisé, ce qui permet de mettre le DVD d'un artiste et de suivre son concert sur écran. Sa valeur est estimée à 100 000 euros.
Olivier Colin a présenté le plus grand piano du monde au salon international des instruments de musique à Shanghai, en octobre dernier. Il a créé l'événement.
« Nous voulions faire parler de nous ! », reconnaît-il. Objectif réussi. Ce pianiste est passé sur « tous les plateaux télé ». Il expose son « monstre » pour la première fois en France, au salon Habitat et Jardin qui se tient jusqu'à demain à Chambéry. Il y présente également un piano en forme… de bar.
Une usine à Saint-Dizier ?
Il faut dire qu'Olivier Colin a des idées plein la tête. Et pour les mettre en forme, il a racheté l'année dernière une usine de fabrication de pianos en Chine, à Huzhou, une ville située à 300 km de Shanghai. Il y emploie 120 salariés. « J'ai investi dans ce pays parce que la main-d'œuvre coûte moins cher », souligne-t-il.
Oui mais voilà, ce pianiste veut se lancer dans le « très bon moyen de gamme ». Et là, pas question de fabriquer des pianos en Chine, mais à Saint-Dizier. « Dans l'esprit du public, acheter un produit chinois est synonyme de bas de gamme ».
Dans la cité bragarde, il aimerait donc fabriquer, exposer, vendre des pianos. Et aussi les restaurer. « On pourrait embaucher une vingtaine de personnes au départ », confie le propriétaire de la marque Colmann France. Il a d'ores et déjà pris des contacts avec le maire de Saint-Dizier. Un site serait disponible derrière le centre hospitalier. Olivier Colin souhaiterait également que son piano gigantesque en forme d'avion soit racheté par la ville de Saint-Dizier pour qu'il puisse être exposé. Son « monstre » fait partie désormais du « patrimoine français ».
Stéphanie GRUSS

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