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Un docu sur le concert de Tangerine Dream et Nico en 1974 dans la cathédrale

Publié le mercredi 21 juillet 2010 à 10H00 - Vu 716 fois


Le Laonnois Benoît Garel (en médaillon) va mettre la cathédrale de Reims au centre de son documentaire.

Le Laonnois Benoît Garel (en médaillon) va mettre la cathédrale de Reims au centre de son documentaire.


Cinéaste du documentaire, le Laonnois Benoît Garel va réaliser un film sur le mémorable concert de décembre 1974 à la cathédrale de Reims.

CEUX qui ont moins de 45 ans ne s'en souviennent pas. Pour les autres, s'ils sont fans de musique ou nostalgiques des années « baba cool », la date du 13 décembre 1974 et la cathédrale de Reims, sont immanquablement gravés dans leur souvenir. Ce soir-là, un concert avait réuni Tangerine Dream et Nico. Plus de 5 000 personnes assistaient à la soirée retransmise sur France Inter et la BBC, et, le lendemain, la cathédrale avait été laissée dans un état, qui avait incité les autorités religieuses, à ne plus autoriser de concert à l'intérieur, avant l'année dernière. Ce concert événement, le Laonnois Benoît Garel, réalisateur de film documentaire, va le porter à l'écran. Il explique pourquoi.
« En 1974, nous sommes à la croisée de deux époques, celle, post-1968 avec le mouvement baba cool qui s'essouffle et la musique qui l'accompagne, qui va donner naissance à la musique électronique. Cette fin d'année, à quelques encablures du premier choc pétrolier, vient de voir la majorité abaissée de 21 à 18 ans. La pilule est légalisée, la loi Veil (sur l'interruption volontaire de la grossesse) en passe d'être votée. » Ce concert de deux artistes, stars dans le domaine de la musique « planante » restera mémorable.
« Le lendemain, c'est une cathédrale remplie de déchets d'une consommation de drogue, d'urine dans les bénitiers, de rapports sexuels et autres souvenirs d'une soirée planante que vont trouver les Rémois explique Benoît, à tel point que les hautes autorités religieuses feront purifier et reconsacreront la basilique avant de la réutiliser. Un paradoxe car les prêtres locaux, premiers prêtres ouvriers, avaient parfaitement compris qu'il fallait s'ouvrir. Ils ont donc justifié leur choix, s'attendant à ce type de lendemain. » Le Rémois, version bourgeoisie catholique, sera choqué. Les médias nationaux reviendront en profusion sur cette soirée… Benoît a commencé la première collecte autour de concert organisé par Reims Music Action, dont les chevilles ouvrières n'étaient autres que Gérard Drouot, actuel producteur français de U2 ou Bruce Spreegsteen, et Assaad Debs qui dirige Corida, le plus gros organisateur de concert de musique électronique en France !
Ticket d'entrée, enregistrement du concert, article de presse, le Laonnois recherche maintenant des acteurs du concert, spectateurs ou personnes ayant eu des amis lors de cette nuit.
« Je vais mêler images d'époque et des commentaires des acteurs » explique le réalisateur de « Cinexotic », actuellement en réalisation sur le cinéma irakien. D'où son appel aux témoins de l'époque.
Stéphane MASSÉ
Pour contacter Benoît Garel : garel.benoit@gmail.com

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JulienD

20/08/2010 à 13h54

pour avoir été dans l'organisation de ce concert, je peux dire qu'il s'est déroulé dans le calme et le silence. Il n'y a eu aucune dégradation ni souillure, aucunes seringues ni déchets inavouables contrairement à ce que la presse mal informée a pu dire.
Les seuls événements annexes ont été une alerte à la bombe dans l'après midi, une absence de structure d'accueil pour les jeunes étrangers qui ont dormis à la belle étoile sur le parvis et quelques bouteilles de bières qui ont volés au dessus des têtes avant l'ouverture des portes.
Je me souviens de Nico accroupie toute seule devant la nef avec son petit orgue indien et cette voix envoûtante qui faisait vibrer la cathédrale et des notes de Tangerine Dream qui se répercutaient sous les voûtes de pierre.
Un moment magique où l'âme s'élève.
La bourgeoisie rémoise qui n'était pas au courant de l'évènement a été surtout choquée par l'arrivée de jeunes de toute l'Europe alors qu'ils ne savaient rien de ce qui était annoncé et plus encore par la "profanation" de la cathédrale martyre par des allemands ! (encore eux!). La rancœur était encore forte à Reims ces années-là.

vivine

23/07/2010 à 10h06

A Chrysostome, est ce que vous écoutez toujours ce genre de musique ?? vous parlez de schulze , je continue a collectionner et de suivre ce maitre de la musique.

chrysostome

22/07/2010 à 23h01

J'étais à ce fabuleux concert où nous étions tous dans la communion de la musique, d'abord avec Nico, habillée de noir, avec son harmonium et surtout sa voix mélancolique et chaude, puis Tangerine Dream, dans leurs rêveries musicales (je préfère ce terme à planante, qui a été plaqué en son temps sur cette musique). A cette époque d'ailleurs ils suivaient Klaus Schülze, qui aurait pu tout autant être à la cathédrale.
Après c'est toujours la réaction. Je ne sais trop s'il y a eu des écarts - il y avait tellement de monde ! - mais j'ai appris que le lendemain ou le surlendemain, il y a eu un tour de cathédrale expiatoire, comme si tous les assistants étaient des enfants de satan (des suppôts de satin comme écrivait Boris Vian) et des pestiférés. C'était fantastique que ça ait pu avoir lieu à Reims et à la cathédrale, car à l'époque les grands concerts de masse n'étaient pas derche dans notre pays (il suffit de citer Biot pour voir ce que je veux dire). Alors qu'à l'étranger, mais pas très loin, il y avait eu deux années de suite, les fabuleux concerts de l'île de Wight, le Woodstock européen, qui n'avaient pas plus causé de problème - on était quand même 600 000 la deuxième année. Mais c'était une autre époque ...

ReVoxPopuli

21/07/2010 à 20h02

Un grand plaisir de lire qu'un tel projet pourrait voir le jour,
Je me propose de vous aider dans cette entreprise. En effet j'ai réussi au fil des années à faire s'échouer nombreux témoins de cette époque et notamment de ce fameux concert. Notre association www.cosmiccagibi.org recèle de "temoins".
Je suis aussi ouvert à toute collaboration que ce soit. Je connais Mr Debs Assaad bien sur.
Bravo pour avoir eu cette belle idée.
Olivier

vivine

21/07/2010 à 16h57

impossible de contacter garel. benoit , donc si il voit le commentaire je peux témoigner car j'ai participé à ce concert et je n'ai rien oublié de cette soirée, je suis toujours fan de ce groupe a plus!!

Larouille

21/07/2010 à 13h51

Si mes souvenirs sont bons, et je pense qu'à 63 ans ils le sont encore, ce n'est pas Reims Music Action qui avait organisé le concert, mais Musique Action Reims. Ce simple détail - facile également à trouver sur internet - m'interpèle quelque peu sur la démarche du Benoit Garel. Sans lui faire par avance de procès d'intention, attendons le contenu de son documentaire. Quant aux dégâts soi-disant "infligés" à la cathédrale, ils avaient été très exagérés mais, pour la bonne cause de notre brave bourgeoisie, largement médiatisés, entre autres par notre journal local. Si nous y avons largement fumé des substances dites exotiques, la présence de seringues ainsi que d'urine dans les bénitiers n'a jamais été vraiment constaté. Quant aux rapports sexuels ils ont du exister dans le fantasme qu'ont projeté sur cette soirée nombre d'esprits chagrins et - peut-être quelque peu jaloux de libertés tout récemment acquises par cette jeunesse qui leur faisait tant peur. Surtout, Tangerine Dream, groupe ALLEMAND dans la cathédrale rappelait à certains de très mauvais - et pour nous lointains - souvenirs. Mais reconnaissons tout de même qu'en matière de propreté, nous aurions pu laisser les lieux dans un meilleur état. En tout cas, ce fut une soirée inoubliable.

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