Publié le dimanche 15 avril 2012 à 10H57 - Vu 117 fois
Châlons-en-Champagne (Marne). Parmi les bijoux et tableaux proposés aux enchères, cette rareté : une tisseuse parfaitement authentifiée comme étant l'œuvre du célèbre peintre.
LA vente organisée aujourd'hui à Châlons-en-Champagne se distingue des autres à plus d'un titre. Tout d'abord, ce dessin. Il s'agit d'un lavis d'encre de Chine sur papier, de petite dimension (environ 20 cm par 28 cm), exécuté par Raoul Dufy.
Grand peintre multiforme, souvent classé un peu trop rapidement comme relevant du seul Fauvisme dont il s'était pourtant détaché, Raoul Dufy s'était passionné pour le tissu et la mode. En 1911, il avait rencontré l'un des plus grands couturiers du début du XXe siècle, Paul Poiret. C'est avec lui qu'il créera La Petite Usine. Raoul Dufy exécute alors des tissus imprimés et des étoffes qui deviendront célèbres. À la veille de la Première Guerre mondiale et après le conflit, le peintre avait également travaillé avec la maison Bianchini-Férier, comme dessinateur pour la production de tissus en soie.
« Il avait fait beaucoup de gouaches destinées à la haute couture. C'est une activité qu'il estimait noble », explique Patricia Casini-Vitalis, commissaire-priseur à Châlons, laquelle relie ce dessin - représentant une tisseuse - à cet aspect de sa vie. L'œuvre a pu être authentifiée, un certificat en fait foi.
Ami de Georges Braque, avec lequel il s'était rendu à L'Estaque, illustrateur d'Apollinaire, marqué par Matisse et Cézanne, Dufy développe ensuite un chemin très particulier. « Tout dessin de Raoul Dufy est en quelque sorte sa signature et ce qu'on est convenu d'appeler signature inimitable. […] Car rien ne tombe de plus haut ni ne forme des entrelacs plus rapides qu'un fil de miel si ce n'est l'arabesque dont notre peintre couvre sa feuille. D'un bout à l'autre elle tombe de lui vertigineusement », écrivait Jean Cocteau.
D'autres tableaux sont proposés au cours de cette vente. Le dessin de Raoul Dufy sera mis à prix 1 300 euros, alors qu'il est estimé à 2 000 euros. Il ne s'agit pas de la vente la plus onéreuse du jour, loin de là. Une bague comportant un diamant solitaire en forme de poire va être proposée à 8 500 euros…
Sébastien LAPORTE
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