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Toute une vie à la maternelle

Publié le samedi 20 octobre 2007 à 01H00 - Vu 13 fois


Christine Henriet, entourée par les tout-petits et les petits. Un bonheur dont elle aura du mal à se passer…

Christine Henriet, entourée par les tout-petits et les petits. Un bonheur dont elle aura du mal à se passer…

Valérie Léonard


CHRISTINE Henriet est entrée à l'école maternelle Wautelet à l'âge de 16 ans, en février 1966, comme « dame de service ». Aujourd'hui elle s'est enfin décidée : elle quitte son poste d'Atem (agent technique de l'école maternelle) et prend, une retraite bien méritée.
« Il faut laisser la place aux jeunes, assurer la relève ! C'est un très beau métier, mais, même si j'ai toujours mon punch, je veux profiter autrement de la vie… » Mais de là à dire que c'est sans regret qu'elle met un terme à 41 ans de bons et loyaux services, il y a un (grand) pas qu'elle ne peut pas franchir aussi facilement.
« On taillait les crayons »
« Les enfants, c'est ma passion. Etre à leur contact, les aider dans leurs tâches quotidiennes, voilà ce qui me plaît et je ne revendique pas autre chose que mon rôle d'Atem. La maîtresse, c'est la maîtresse ! »
Au fil des années, Christine Henriet s'est adaptée aux nouvelles méthodes, aux enseignantes et aux directrices qui se sont succédé dans « une ambiance toujours sereine et agréable ».
Elle sourit en évoquant les changements qui se sont opérés presque sous ses yeux.
« Lorsque j'ai débuté, on n'était pas avec les enfants dans les classes. On les emmenait faire pipi et on taillait les crayons », se souvient-elle. « Depuis un peu plus de dix ans, les choses ont changé ».
Désormais, les Atem épaulent un peu plus activement les enseignants.
« Parfois, on surveille et on aide les enfants dans différents ateliers. Pour la peinture par exemple ».
Pour la future retraitée, le comportement des enfants a, lui aussi, beaucoup changé. « Avant, les enfants étaient très obéissants, ils étaient plus nombreux en classe et restaient derrière leur table. Aujourd'hui, ils sont plus curieux, avides de voir les choses, donc il faut plus de monde pour les encadrer et leur laisser la liberté de découvrir ».
Pas de coin jeux
Christine Henriet a vu la petite école se transformer. La maternelle Wautelet a toujours compté quatre classes. « Il n'y avait pas de coin jeux, pas de jouets. A part les perles et le coloriage. Les enfants faisaient leur petite sieste sur leur table. Il n'y avait pas de dortoir ». Elle se souvient aussi de cette directrice qui jouait du piano pour les petits écoliers. Il y a quelques années, cette Atem appréciée de tous a eu une drôle de surprise. « Une maman qui a inscrit sa fille ici, m'a reconnue. Je m'étais occupée d'elle quand elle était petite. Ça m'a émue. Il y a eu comme un petit courant qui est passé ».
Et de l'émotion, il va y en avoir aujourd'hui encore puisqu'une petite fête « d'adieux » va être organisée tout spécialement pour elle. Christine Henriet aura encore bien du mal à retenir ses larmes.
« Les enfants vont me manquer. C'est une partie de ma vie que je vais devoir abandonner ». Elle se prépare à ce grand bouleversement depuis un an. Dorénavant, elle pourra consacrer plus de temps à la peinture, à la vie associative et ses « petits » ne seront jamais bien loin.
Valérie Léonard

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