Publié le mercredi 27 juin 2012 à 08H11 - Vu 183 fois
REIMS (Marne) Sculpté au XIIe siècle, mais resté anonyme jusqu'à ce qu'en 1914 une poutre de la cathédrale en feu ne le décapite, l'ange au sourire fête ses 98 ans jusqu'au 31 décembre au palais du Tau.
TRANQUILLE comme Baptiste sur le parvis de la cathédrale, il aurait pu couler des jours paisibles dans l'ombre de son célèbre vis-à-vis Gabriel, l'ange de l'Annonciation. Une pluie d'obus qui se sont abattus sur l'édifice le 19 septembre 1914 lui a forgé un nouveau destin quand une poutre de la charpente de la cathédrale en feu l'a violemment décapité. Devenu aussitôt support de propagande contre la barbarie ennemie puis objet commercial et touristique avant de devenir objet religieuxl, l'ange saint Nicaise rebaptisé « l'ange au sourire » fête ses 98 ans. L'occasion pour le Palais du Tau et toute l'équipe réunie autour de son administrateur Aymeric Peniguet De Stouz de lui consacrer une belle expo pas du tout académique jusqu'au 31 décembre baptisée : « Avec le sourire », la saga de l'ange de Reims.
Point de grands panneaux didactiques. S'entourant des conseils d'un expert es-ange-au-sourire, Yann Harlaut, auteur de l'ouvrage « naissance d'un mythe » (aux éditions Guénot) et du talent de deux scénographes Goliath Dyèvre et Quentin Vaulot, les responsables du Palais du Tau ont voulu placer l'ange, son mythe et son utilisation dans toutes les pièces du palais balisées par une poutre comme témoin symbole du bombardement de 1914.
Pas académique
Un moulage original de la tête de l'ange côtoie des nounours habillés d'un tee-shirt siglé ange au sourire. Un peu plus loin dans plusieurs carrousels des centaines de cartes postales rappellent l'incendie de la cathédrale et la naissance du mythe de l'ange. Quelques pas et vous voilà devant l'immense table des collectionneurs où sont présentées des dizaines d'objets commerciaux consacrés à l'ange prêtés par des Rémois : statuettes, pin's, coupures de presse, porte-clefs, muselets, abat-jour Abelé (la marque de champagne qui a inventé le sourire de Reims, etc.) Impressionnante salle du festin aussi dans laquelle une armée de 98 anges en papier rappelle en silence que le symbole est né il y a moins d'un siècle.
D'une utilisation commerciale, l'ange est redevenu symbole religieux à l'image de ces cierges allumés et autres médailles vendues dans l'édifice. Clin d'œil dans la salle d'apparat avec la possibilité de devenir soi-même ange au sourire. Petite provoc ou blasphème dans la chapelle ou un néon rouge habille le lieu en boite de nuit. Un jeu dans la salle des trésors avec un petit objet à trouver… et d'autres surprises. Dans un subtil jeu, les scénographes présentent le symbole de l'ange au sourire tout en focalisant sur ses détournements quelques instants plus tard. L'ange au sourire n'avait jamais eu la vedette au palais du Tau. Cet oubli est réparé. Qu'en penseront les Rémois ? N'hésitez pas à vous exprimer : redac-reims@journal-lunion.fr
Jusqu'au 31 décembre au Palais du Tau, 2, place du Cardinal-de-Luçon. Tous les jours sauf le lundi. Jusqu'au 8 septembre de 9 h 30 à 12 h 30. Après le 8 septembre de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 heures à 17 h 30. Entrée payante.
Alain MOYAT
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Les dernières contributions
BARIS Dominique
CHÂLONS-en-CHAMPAGNE
29/06/2012 à 20h01
Il a fallu que l'Ange Saint Nicaise ait été décapité par des obus pour que sa tête devienne une légende sous la dénomination de l'Ange au Sourire!
Ainsi,l'Ange a en quelque sorte été immortalisé après avoir été décapité au tout début de la Grande Guerre 1914-1948!