Publié le mercredi 30 juillet 2008 - Vu 37 fois
« On cherchait quelque chose qui n'existait pas dans la région », raconte Dominique.
LAURENT TOURNEUX
LA bleue, la rouge ou l'orange ? Allons-y pour la première.
Il faut baisser la tête pour entrer. Le Mongol n'est pas connu pour être grand.
Nous sommes dans une yourte de 29 mètres carrés. Les murs sont joints vers le sommet formant ainsi l'encolure de la maison jusqu'au toone. Ouverture circulaire d'un mètre de diamètre qui sert de fenêtre. « Une moitié est vitrée, l'autre est recouverte de laine de mouton pour permettre une meilleure circulation de l'air », explique Évelyne, la maîtresse des lieux.
Toute la structure est en bois, recouverte d'une première toile de coton justement, puis d'une couche de feutre en laine de mouton et, enfin, d'une toile décorée et imperméable.
Les cordes servant à maintenir la structure sont en crin de cheval, les ficelles en poils de yack et les clous sont en fait de petites lamelles de cuir de chameau qui, en séchant, durcissent.
Question aménagement, un lit deux places s'ajoute aux deux lits simples. Une table basse et une armoire complètent l'habitat. Tout est « made in Mongolie», assurent les propriétaires. Les meubles sont en bois et décorés des motifs mongols. Une écharpe bleue pend, accrochée à l'une des armatures du lit. « Ça veut dire que la yourte a été inaugurée. C'est la tradition mongole », indique Évelyne.
Voila un an qu'elle et son mari proposent aux touristes de passer la nuit dans leur jardin à l'intérieur d'une yourte en pleine campagne picarde, à Cys-la-Commune.
C'est un reportage sur la Mongolie qui a donné l'idée à Dominique, le mari, d'en installer sur son terrain.
Il y a deux ans, le couple d'agriculteurs cherche à redynamiser l'exploitation familiale. Dominique se souvient du reportage. Le couple en discute. Monsieur pense à construire des maisons dans les arbres. Mais Madame a le vertige. « On cherchait quelque chose qui n'existait pas dans la région », raconte Dominique. Le couple opte alors pour les yourtes.
Sur Internet, ils découvrent qu'un Français, installé à Oulan-Bator, en vend. Coût de l'habitat mongol : 5.000 euros. Ils en commandent trois.
Après un voyage d'un mois et demi par bateau, passant par Rotterdam et Rouen, les yourtes arrivent à Cys-la-Commune. « C'est nous qui les avons montées nous-même. C'était assez facile. Il y avait une notice et un DVD », précise l'amphitryonne.
Pour l'instant, la clientèle est exclusivement française. « À 99,9 %, renchérit Évelyne. Une fois, un couple dont la femme est Mongole est venu. Elle a dit que ça lui rappelait son enfance ». Et ça dépayse les touristes.
Laurent Tourneux
www.yourte-a-la-ferme.com
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