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Samira Negrouche : refuser la route du confort

Publié le lundi 29 mars 2010 à 12H00 - Vu 249 fois


Samedi matin devant la tombe de Rimbaud,  la poétesse algérienne a lu des vers d'Arthur et du poète marocain Abdelkébir Khatibi.

Samedi matin devant la tombe de Rimbaud, la poétesse algérienne a lu des vers d'Arthur et du poète marocain Abdelkébir Khatibi.


La lecture de poèmes devant la tombe d'Arthur Rimbaud est devenue un rituel incontournable au moment du Printemps des poètes. Cette année, c'est donc Samira Negrouche qui officiait.
Cette jeune femme de 29 ans était en résidence à la Maison des Ailleurs depuis un mois ; elle laissera donc des écrits qui seront publiés en octobre, pour le prochain festival des Ailleurs.
So us l'averse, elle a sorti deux livres fétiches : une édition Flammarion de 1964 des œuvres complètes de Rimbaud que lui a donnée un jour un ami lyonnais devenu… son éditeur ; et un recueil d'un auteur marocain, Abdelkébir Khatibi, décédé en 2009, qui a toujours voulu écrire un livre sur Rimbaud sans avoir eu le temps de le finaliser.

Sauvegarder son cœur
Étonnante Samira Negrouche ! Elle est médecin en secteur hospitalier à Alger (s'apprête à entamer une spécialisation) mais ne veut en aucun cas concéder toute sa vie à la médecine. La jeune poétesse tient à se ménager des périodes de voyage, d'écriture et de liberté. « C'est un choix de vie. Je refuse la route du confort », dit-elle. « J'ai besoin de cet équilibre. Je n'ai pas de désir économique de quitter mon pays mais un désir artistique. Même si mes conditions de vie sont économiquement fragiles en Algérie, je ne pourrais aller que dans un pays vierge… pour sauvegarder mon cœur ».
Est-elle libre en Algérie en tant que poétesse ? « Parfois, je me sens étrangère dans mon propre pays. […] Mais la persécution n'est jamais directe. C'est plutôt la société algérienne en nette voie de conservatisation qui cherche à vous décourager ! ».
Samira Negrouche écrit depuis dix ans. Elle ne se considère pas à proprement parler comme « une poétesse engagée » mais la réalité algérienne transparaît à l'évidence dans son écriture.
P.F.
Samedi en fin d'après-midi, Samira Negrouche était l'invitée de l'association Poètes dans la ville (président : François Massut) à la médiathèque pour des lectures et improvisations poétiques.

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