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Saint-Remi : vrai malaise ou mauvaise cabale ?

Publié le mardi 09 septembre 2008 - Vu 35 fois


Dès 2006, la CFDT a alerté la direction diocésaine sur le mauvais climat régnant à Saint-Remi. En vain.

Dès 2006, la CFDT a alerté la direction diocésaine sur le mauvais climat régnant à Saint-Remi. En vain.

Philippe Mellet


UN peu comme De Gaulle en 58 qui disait ne pas envisager d'entamer une carrière de dictateur à 67 ans, Jean-Jacques Capello plaide le bon sens : « Je serai à la retraite à la fin de l'année scolaire. Et j'aurais choisi maintenant de me créer autant de problèmes ? »
Le directeur de l'Institution Saint-Remi se dit serein. « J'ai succédé à un homme qui était resté 22 ans. J'ai pu et j'ai dû changer quelques habitudes. Cela ne plaît pas à tout le monde. Une petite minorité de salariés a pu être gênée, mais c'est l'intérêt général qui prime. »
C'est que les langues se délient quelque peu au sein (et pour la première fois, à l'extérieur) du vénérable établissement catholique, depuis le licenciement cet été d'un surveillant qui était en poste depuis 10 ans. La faute grave qui lui est reprochée : avoir falsifié un arrêt maladie (en l'occurrence, avoir remplacé la date du 25 mai par celle du 28). L'intéressé nie les faits. « Je ne vois pas pourquoi j'aurais commis une telle folie pour seulement trois jours. Alors que de toute façon, mon état de santé, si besoin était, aurait justifié que mon médecin prolonge d'autant mon absence. »
Le conseil des prud'hommes va être saisi. Et le monde est parfois bien petit, en province. Le directeur de Saint-Remi se plaît à souligner que le licenciement a été décidé en plein accord avec le président du conseil d'administration, Hubert Troussel, par ailleurs vice-président de la juridiction prud'homale…
« Attaques indignes »
L'affaire pourrait, pour l'heure, s'arrêter là si elle ne mettait au jour ce que certains syndicalistes dénomment « un malaise chronique et des relations tendues entre la direction et certains personnels depuis plusieurs années ». Et d'indiquer que des salariés ont été victimes de tracasseries qui pourraient s'apparenter à du harcèlement, ce qui provoqua de nombreux arrêts de travail.
La CFDT, ainsi, en appela en 2006 au directeur diocésain, « dénonçant des méthodes brutales ». En vain. Pourtant, selon l'organisation, ce climat a induit une crise : « Alors que partout les établissements catholiques voient leurs effectifs exploser, chez nous, ils stagnent. »
Plus grave, le surveillant licencié insinue que ses origines maghrébines pourraient expliquer qu'il se retrouvât dans le collimateur. Et de produire des témoignages en ce sens selon lesquels le directeur aurait tenu des propos discriminatoires. « J'ajoute que comme par hasard, les deux surveillants d'origine maghrébine n'ont pas bénéficié d'heures sup. Contrairement aux autres. » Et d'envisager, en plus de la procédure prud'homale, une action au pénal.
« C'est trop grave, et s'il le faut, je me défendrai aussi. Ces attaques sont indignes, me salissent, et je ne peux non plus admettre qu'elles salissent Saint-Remi » répond M. Capello, qui évoque une mauvaise cabale due à une minorité des quelque 70 salariés de l'Institution. « D'autres syndicats n'ont pas du tout ces analyses et sur ce dernier point, qui me connaît ne saurait croire que je puisse être raciste. » Si besoin, là encore, la justice tranchera.
Entre-temps, se profile une autre révolution. Longuement réfléchie et planifiée par les autorités de tutelle : dès la rentrée 2009, les établissements privés du chef-lieu (Saint-Remi, Saint-Jean et Notre-Dame) ne devraient plus former qu'une seule entité.
Philippe Mellet

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