Publié le samedi 09 juin 2007 à 01H00 - Vu 27 fois
QU’IL eut comme compagnon de vie et d’errances Paul Verlaine ou Germain Nouveau, « notre » bon Arthur Rimbaud n’était pas spécialement bien vu par les Londoniens.
Plus d’un siècle après, il en va évidemment tout autrement.
Le 3 juillet, la célèbre maison Christie’s de Londres proposera la vente une version manuscrite de « Vénus Anadyomène », un sonnet composé en 1870 (lire par ailleurs).
Estimation : 60 à 90 000 euros…
Au mois de février, ce sont des dessins de Rimbaud écolier qui avaient affolé, à Paris, les habitués de l’Hôtel Drouot.
Comme quoi, la cote de l’homme aux semelles de vent reste au beau fixe.
Une sorte de revanche posthume. Notamment à l’adresse de la belle société et des sujets de Sa Majesté. Mais ceux-ci savent aussi faire amende honorable. Et, l’été dernier, des artistes et des élus s’étaient mobilisés pour sauver d’un projet immobilier le petit appartement qu’occupa Rimbaud à Londres en 1873.
Le 3 juillet, sera également vendu à l’encan un manuscrit d’un autre régional de l’étape. Une lettre de Verlaine à l’un de ses amis demeurant à Paliseul (rencontré sans doute durant ses escapades avec son copain carolo…).
Un courrier orné de quelques dessins licencieux. L’adresse : « A Paliseul, Belgique, par Bouillon et Sedan… »
Les experts de Christie’s sont néanmoins plus modestes pour ce lot, estimé à 1.500 euros.
Napoléon le tendre…
Aussi bien le Rimbaud que le Verlaine proviennent de la collection Albin Schramm, un juriste suisse décédé en 2005 et qui avait amassé des centaines de courriers et textes manuscrits.
On y trouve aussi bien des lettres ou œuvres de poètes et écrivains (Dickens, Gauguin, Matisse, Proust), que des écrits de scientifiques (Newton, Einstein) ou de grands personnages historiques (Gandhi, Martin Luther).
Mais le clou sera une lettre d’amour de Napoléon Bonaparte à sa future épouse, Joséphine de Beauharnais : « Je te donne trois baisers : un sur le cœur, un sur ta bouche et un sur tes yeux », se laisse aller à écrire celui n’était pas encore empereur.
Estimation : 45 à 73.000 euros. On verra ce qu’il en est le jour de la vente, mais, pour l’heure, Napoléon est encore en deçà d’Arthur…
On imagine de toute façon qu’il faudrait un miracle pour que ces pièces soient acquises par les pouvoirs publics et regagnent les Ardennes.
Philippe Mellet
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