Publié le mardi 18 décembre 2007
Pendant 15 ans, la société Avenance chargée de la restauration scolaire de la Ville a profité des largesses du contrat. En 2008, l'échéance sonne la réforme vers davantage de contrôles des comptes.
Ambre Mingaz
«DE notre contrat de délégation de service public passé en 1992 avec Avenance, la législation a beaucoup évolué, les exigences sont beaucoup plus fortes aujourd'hui. »
Brigitte Fouré, adjoint au maire d'Amiens, reconnaît que durant les 15 années qui ont lié la Ville par contrat à son prestataire Avenance chargé de la restauration (dans lequel s'inscrivait la construction de la cuisine centrale aux frais du concessionnaire d'où la durée pour amortissements), « les comptes fournis par Avenance n'étaient pas suffisamment explicites. Les éléments fournis ne permettaient pas d'y voir complètement clair ».
« Frais généraux surdimensionnés »
Et de confier que la Ville, dont le contrat arrive à échéance au 1er septembre 2008, va désormais tout mettre en œuvre pour ne pas commettre la même erreur, celle d'un rodage aux limites mal définies de délégation de service public lorsque les prédécesseurs avaient préféré la régie municipale.
Après deux audits déjà réalisés qui laissent apparaître des frais généraux d'Avenance « surdimensionnés », des coûts des repas facturés plus chers à la Ville qu'à l'extérieur et « pas mal de zones d'ombres » dixit les élus de l'opposition, un contrôle des comptes spécifique va être confié à un bureau d'études.
L'objectif visé par la Ville étant de poser de nouvelles bases plus sûres au futur contrat. D'ailleurs les parents d'enfants ont été conviés à participer à l'élaboration et la réalisation de ce nouveau contrat.
Déjà six sociétés ont répondu à l'appel à candidature dont Avenance. Un cahier des charges extrêmement rigoureux et précis devrait leur être envoyé sachant que le prestataire aura toujours à confectionner 1,3 million de repas par an. La Ville a fixé ses priorités : « D'abord la qualité de prestation de service, l'équilibre financier et la valeur technique. »
« On veut être sur leur dos »
Selon Brigitte Fouré, le choix de délégation de service public se justifiait en 1992. « Nous avons comparé avec la régie municipale mais le domaine de la restauration scolaire est extrêmement technique.
C'est un métier très évolutif que des professionnels gèrent beaucoup mieux et qui coûtait moins cher en denrées alimentaires. »
La Ville a donc choisi de laisser passer le temps des élections municipales en mars pour désigner son futur prestataire avant de signer pour 5 ans avec une option à 3 ou 4 ans.
La gourmandise de la société Avenance jouera-t-elle en sa défaveur dans sa nouvelle candidature ? Si Brigitte Fouré reconnaît que cet argent absorbé par la société est « impossible à quantifier » et « très inélégant » concernant les repas facturés plus chers à la ville qu'à l'extérieur, elle souligne : « En 15 ans, nous n'avons jamais eu le moindre pépin.
Mais c'est pour ça qu'à l'avenir, on veut faire autrement, on veut être sur leur dos pour qu'ils soient aussi plus performants. »
Avenance ou son successeur ne pourra donc plus profiter des largesses qu'un contrat en rodage lui permettait. Avis aux intéressés.
Ambre Mingaz
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Quoi de neuf au menu ?
Si la Ville envisage d'améliorer les repas donnés aux personnes âgées dans les maisons de retraite pour proposer davantage de diversités et une pincée de fantaisie, il existe aussi d'autres cas particuliers. A commencer par les enfants de confession musulmane. 130 enfants par jour ne mangent pas de viande parmi les 6.000 enfants inscrits à la cantine scolaire.
Pour ne pas manger de porc, le repas est compensé par d'autres aliments (fromage, laitages) sur les conseils de la diététicienne de la Ville. Brigitte Fouré reconnaît : « Actuellement, il n'y a pas de repas spécifique viande hallal. Pour l'instant, ce n'est pas prévu dans le cahier des charges. » Mais d'ajouter qu'« il est possible de prévoir des conventions spéciales avec les parents sur ce point ». Car sont aussi concernés les enfants qui souffrent d'allergies alimentaires spécifiques.
Pour ceux-là, la diététicienne de la Ville leur confectionne des repas appropriés, sauf si les parents préfèrent amener leurs propres repas.
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Chiffres et cas à part des personnes âgées
Le prestataire de la délégation de service public fourni 1,3 million de repas par an dont environ 1,2 million est apporté aux établissements scolaires de la Ville soit 5.000 repas par jour.
Son coût ? Entre 0,69 et 4,95 euros le repas facturé aux familles en fonction de leur quotient familial individuel calculé en fonction de leurs ressources.
Pour la Ville, ce repas par jour et par enfant revient environ à 10 euros, sachant qu'environ 6.000 enfants par jour mangent à la cantine scolaire.
L'intégration des produits bio pourrait entraîner une augmentation des coûts. A cela, Brigitte Fouré promet d'entamer des discussions sur le choix de la part à faire payer au contribuable et celle des parents.
Hormis la restauration scolaire ainsi que le restaurant d'entreprise assuré pour le personnel municipal, Avenance fournissait également des repas aux personnes âgées des maisons de retraite ou par portage à domicile.
Or, afin d'améliorer la qualité et variété des repas, la Ville souhaite à l'avenir à la fois distinguer dans son futur contrat la restauration scolaire de celle d'entreprise, mais aussi faire des repas pour personnes âgées une « procédure séparée ».
Il ne s'agirait plus d'une délégation de service public mais d'une procédure de marchés.
« Un contrat avec un prestataire, pas forcément le même, aussi en liaison froide mais avec un nombre plus important de confections sur place pourrait apporter davantage de diversité et un peu de fantaisie », dixit Brigitte Fouré.
A.M









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