Publié le mercredi 25 janvier 2012 à 08H58 - Vu 769 fois
Raphaël pourra se targuer, pus tard, d'avoir été dans les bras de Vanessa Paradis !
Remi WAFFLART
REIMS (Marne) Atteint de trisomie 21, Raphaël a tourné, à 4 mois, dans le film « Café de Flore », où Vanessa Paradis tient le rôle principal. Une histoire d'amour et de destins croisés troublante. Le combat d'une maman pour faire accepter un enfant « différent ».
L'AMOUR d'une mère pour un enfant différent, et son combat pour l'intégrer à la société : c'est une partie du film « Café de Flore », production franco-québécoise, qui sort aujourd'hui en France, sauf… en Champagne-Ardenne !
C'est bien dommage car c'est un très beau film, et qu'en plus, il y a un acteur rémois dedans ! Maman d'un bébé atteint de trisomie 21, Sonia a en effet reçu, via l'association Trisomie France, un mail indiquant qu'une production cherchait des bébés trisomiques. « J'ai contacté la production, envoyé une photo, et Raphaël a été choisi. »
C'était parti pour un tournage express à Paris, à partir d'octobre 2010. « Nous sommes allés à Paris cinq fois, dans le centre, dans le métro Porte des Lilas, et à la SFP dans les studios à Bry-sur-Marne. » Raphaël avait 4 mois. Toute la famille, dont ses deux sœurs, l'a accompagné la première fois. « C'était la fête, avec l'hôtel et tout… Je n'étais jamais loin, et mon fils a été toujours disponible, ça s'est bien passé. Avec Vanessa Paradis ? Elle est très simple, très accessible. Elle voulait que je lui donne Raphaël dans les bras directement, sans intermédiaire. Le réalisateur, Jean-Marc Vallée, a été génial aussi : il chantait des chansons à mon fils entre deux prises. Il a été très respectueux. » Certains des autres enfants présents avaient déjà tourné, et les parents ont pu partager leurs expériences. « Ce sont des enfants très sensibles, entiers, cela a été très riche pour l'équipe de tournage. »
Raphaël a maintenant 18 mois, il marche presque, et sa maman l'éveille constamment, pour lui donner toutes ses chances : bébé nageur, orthophonie, pour le souffle et les expressions, kiné pour le renforcement musculaire… « Nous sommes en pleine démarche pour lui trouver une école. »
« Des enfants doux, affectueux »
Car comme dans le film, le plus difficile, « c'est de se battre avec l'administration. Ces enfants ont besoin d'accompagnement à l'école et, plus grands, dans leur travail. Ils veulent être autonomes, mais ce n'est pas facile », explique la présidente de Trisomie 21 Marne, Elisabeth Lacorne.
Peu de places en IME ou Esat, mal acceptés à l'école « ordinaire », que faire pour les intégrer ? « Ils ont leur place, toute leur place », insiste Sonia. Et pas seulement au cinéma. Dans la vraie vie aussi. « Ce sont en grande majorité des enfants doux, affectueux. Raphaël n'hésite pas à interpeller les gens, il fait les relations publiques. »
Les parents du « bébé-acteur » ont fait le choix, durant la grossesse, après le test positif à la trisomie 21, de garder et de voir grandir leur 3e enfant. « Je suis allée voir l'association Trisomie 21, pour me rendre compte de la réalité, et les préjugés sont tombés. Ils y arrivent si on leur laisse le temps. Ils sont beaucoup dans l'imitation, c'est pourquoi il est bon qu'ils étudient en milieu ordinaire. »
Le film - si les responsables des cinémas se décident à le projeter à Reims - est une bonne occasion de se rendre compte de tout ce que ces enfants peuvent apporter, et tout ce qu'il faut leur apporter.
G.F.
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