Publié le dimanche 01 novembre 2009 à 01H00 - Vu 100 fois
Pas banal le moteur de cette Audi. Il est constitué de deux moteurs de Golf GTI raccordés.
Jean-Marie CHAMPAGNE
LES voitures préférées d'Hervé Boutelier ne sont pas forcément rutilantes et astiquées avec soin. Celles qu'il regarde avec le plus de passion sont même parfois un peu rouillées ou bosselées. Elles sont, pour la plupart, dans leur état d'origine. « J'aime quand ça sent le vécu, quand elles ont une histoire, une âme », dit-il avec un regard attendri vers une R25 Baccara fabriquée à vingt-cinq exemplaires et signée Hermès.
Voiture diplomatique
Sur chaque modèle, il est intarissable. « Cette Cadillac, je l'ai trouvée en Suisse où elle ne pouvait plus rouler. Elle était réformée depuis 1994. Je l'ai achetée 350 euros… Ici, la Mercedes, une 280 SE est une ancienne voiture diplomatique.
Je l'ai eue pour 1 000 euros. Cette Rover 2600 SD1 est le tout premier modèle de 1978. C'est la dernière vraie anglaise puisqu'elle est équipée d'un moteur Triumph. Cette Mercedes a appartenu à Jean Amadou. La Ford 12 M, là, est la voiture de Tintin. Là, c'est une Traban encore immatriculée en Allemagne de l'est… »
Ce collectionneur, patron d'une usine de sablage à Siry-Salsogne, est un ancien vendeur automobile. Il en a gardé le débit réglé sur avance rapide. Sauf qu'il n'a rien à vendre et que son enthousiasme est réel. Il n'est pas non plus richissime. Ses voitures sont souvent récupérées pour rien au fond des granges, comme sa première DS, en état d'épave. Elles sont parfois sauvées de justesse de la démolition dans des casses, ou achetées à bas prix sur Internet. Ce sont des voitures datant des années d'après-guerre jusqu'aux années 90. De celles qu'on voit encore parfois sur les routes et sur lesquelles on se retourne avec un brin de nostalgie. D'ailleurs, elles roulent pratiquement toutes encore, sauf deux ou trois.
« Le garage de mon père »
Hervé Boutelier parcourt la France entière pour se procurer ces automobiles. Il est soutenu par son épouse et secondé par son fils Valentin.
Ils ont créé une association, Véhicules anciens loisirs, avec quelques amis, et envisagent d'ouvrir un musée qui s'appellera « Le garage de mon père », dans un ancien hangar, à Crépy, route de Couvron.
« Nous avons aussi huit voitures du musée de l'auto de Reims avec qui nous avons des contacts. Nous allons passer un accord. Les gens qui visiteront le musée de Laon, pourront aller à Reims et réciproquement », précise-t-il.
« Ce musée sera le premier du département » se réjouit Hervé Boutelier qui considère que « l'Aisne est sinistrée car il y a peu d'associations de voitures anciennes ».
Marie-Christine LARDENOIS
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