Publié le mardi 14 février 2012 à 12H00 - Vu 147 fois
Des œuvres puissantes qui entraînent le visiteur dans un univers trouble et symbolique.
«PAR le col étroit des bouches obscures les abeilles passent l'or abhorré d'une fleur intérieure délicieusement toxique chargée d'un musc acide ».
Les toiles de Dominique Dauchy ont inspiré cette étrange réflexion au comédien ardennais Franck Delatour.
L'artiste carolo expose à domicile une série de quinze toiles sous le titre Adoré(es) jusqu'au samedi 3 mars à la galerie de l'Entre-Temps.
Ses grands formats carrés, travaillés à l'extrême, puissants (et témoignant une fois de plus de l'absolue maîtrise du dessin de Dominique Dauchy), créent une ambiance mythique, troublante, avec des références parfois religieuses.
Figuratifs, très symboliques ils impressionnent, interpellent la réflexion des visiteurs.
L'artiste s'est inspirée de la toile Médée furieuse de Delacroix et de l'ouvrage La sagesse des abeilles de Michel Onfray.
Les trois thèmes de son travail ont pour lien l'enfant, l'adolescence, leurs relations avec la mère et avec le père.
L'enfermement de l'adolescente, dont sa propre fille est le modèle, est omniprésent.
L'univers clos symbolise la prise de pouvoir absolu de l'adulte sur l'enfant.
Les oiseaux ou animaux écorchés, les traces de sang qui entourent la jeune fille sont le fruit de l'exploration du malaise de l'adolescence.
Un monde magique et noir
Cet univers flottant est truffé d'images mentales, résurgences qui ont marqué l'enfance de l'artiste. Avec beaucoup de sensibilité Dominique Dauchy donne sa perception de la mise en danger, du danger de l'inconnu. Les références au peintre Balthus ne sont pas loin.
Les abeilles au bourdonnement symbolique sont arrivées plus tard dans son travail. Elles ont guidé la recherche et défini le questionnement de l'artiste sur la filiation, l'emprise, la capture du sujet.
L'abeille au rôle initiatique, liturgique est le fil conducteur du pouvoir du père sur le fils.
Un père protecteur ou l'ogre des histoires, enfants cachés, peurs primaires, secrets qui ont suscité le questionnement du peintre. Le troisième volet est inspiré de la légende de Médée qui a assassiné ses enfants. « Nous sommes toutes des Médée possibles », dit l'artiste.
Les œuvres puissantes, douloureuses parfois, entraînent le visiteur dans un monde magique, incantatoire, noir.
Dominique Dauchy est titulaire d'une maîtrise en arts plastiques obtenue à Paris.
Les quinze œuvres présentées sont une partie d'une série de 26 toiles, deux ans de travail, qui sera exposée à la galerie Lavignes-Bastille à Paris du 8 mars au 5 avril.
Adoré (es), exposition des créations picturales de Dominique Dauchy à voir jusqu'au 3 mars à la galeriede l'Entre-Temps 46 place Ducale.
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