Publié le mardi 26 juin 2012 à 11H00 - Vu 186 fois
Détective privé, Pascal Bonnet a acquis un document rare à en-tête, ou Vidocq décline l'éthique et la déontologie du corps de métier qu'il a créé.
« VOUS m'avez fait espérer que j'aurai incessamment l'honneur de vous voir, et je suis toujours en attendant votre visite. Je vous rappelle votre promesse et vous prie de prendre la peine de passer à mon cabinet ».
Il s'agit d'une lettre adressée à un certain monsieur Vanzenac datant de 1842. Mais peu importe ce monsieur, ce qui importe, c'est que celui qui signe cette missive en belles-lettres à la calligraphie ampoulée, se nomme Vidocq.
Le grand François Vidocq, l'ex-chef de la police de sûreté qu'il a créée et dirigée pendant plus de vingt ans et du reste, « avec un succès incontesté », témoigne l'en-tête de son courrier, libellé comme une carte de visite.
Mais lorsqu'il écrit cette lettre, Vidocq n'est donc plus dans la police. Il est devenu le spécialiste de « recouvrements difficiles, de vieilles et nouvelles créances, de poursuites commerciales, civiles et criminelles, de recherches et incarcération ». Cette précieuse missive, sous verre et encadrée, se trouve entre les mains de Pascal Bonnet, détective privé châlonnais : « Il a été le premier d'entre nous » s'émeut ce passionné. Lequel a déboursé 800 euros pour ce document exceptionnel.
Témoins professionnels
Pascal Bonnet a les yeux de Chimène pour ce pionnier. Un pionnier qu'il élève en exemple. Car depuis cent cinquante ans, estime Pascal, trop d'imposteurs à la loupe trouble sont venus jeter le discrédit sur la profession de détective. Même si la littérature s'est attelée à mettre la lumière sur ces hommes de l'ombre, Sherlock Holmes ou Hercule Poirot par exemple, l'image de leur métier reste mitigée.
Profession trop longtemps ouverte aux justiciers les plus dénués de scrupules, trop longtemps sans code ni déontologie, trop longtemps libre de tous diplômes, trop longtemps accessible à n'importe qui, son image reste à redorer. Et Pascal Bonnet, enquêteur de droit privé, veut s'y atteler. Tombé dans le genre quand il était petit, grâce à des gênes transmis par ses aïeux, il est diplômé de l'institut juridique de Nancy II. Celui qui répéte, « Nous ne sommes que des témoins professionnels, c'est tout » assied sa fierté à la lecture de la lettre à en-tête de Vidocq. Car cent cinquante ans après, il en cautionne le contenu de toute sa force d'enquêteur moderne.
Il invite les éventuels farfelus qui se piqueraient d'épouser son métier,- une fonction cependant à présent nettement mieux encadrée- à méditer.
Avis aux amateurs
Car à bien y réfléchir, Pascal Bonnet ne changerait pas un mot de celui qui écrivait encore : « Dans l'intérêt du commerce et des familles, on peut obtenir sous le sceau du plus inviolable secret les renseignements les plus délicats et les plus positifs sur les antécédents, la moralité, la solvabilité, les démarches, les habitudes et les fréquentations journalières, des personnes qu'on a intérêt à bien connaître, ou qu'on emploie à quelque titre que ce soit, avant de contracter mariage […] Enfin, on peut se procurer encore des avis et renseignements précieux à l'administration, qui peut mettre en garde contre toute espèce de flouerie et démasquer ainsi les intrigues de tous les rangs ».
On l'aura compris. Chez Pascal Bonnet, c'est Vidocq for ever. Voilà pourquoi, il ne lui déplairait pas, dans son bureau châlonnais où les livres sont tous dédiés à ce qui traite de son métier, de voir d'autres amateurs l'aider à étoffer sa passion et à avoir une meilleure connaissance encore de son maître à enquêter…
Fabrice MINUEL
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