Publié le vendredi 03 février 2012 à 12H00 - Vu 157 fois
« Kabaret Punk est un spectacle développé autour de l'idée d'interactivité et de communion avec le public », confie Gogol Premier.
VITRY-LE-FRANCOIS (Marne). Gogol Premier, appelé le « maître sans maître », revient sur la scène vitryate avec un nouveau spectacle : « Kabaret Punk ». Retour sur trente ans de carrière avec le chanteur Jacques Dezandre.
C'EST la deuxième fois que vous donnez un concert à Vitry-le-François. Quels souvenirs gardez-vous ?
« J'ai fait le premier concert sans alcool et sans tabac à Vitry-le-François. La salle était bondée et en liesse comme quoi, il n'y a pas besoin de boire ou de fumer pour apprécier la musique ! Ce public est enthousiaste et plein d'énergie ce qui explique ma venue pour la deuxième fois ».
Vous revenez cette fois-ci avec Kabaret Punk. Comment avez-vous conçu ce spectacle ?
« Kabaret Punk est un spectacle développé autour de l'idée d'interactivité et de communion avec le public, et c'est aussi le titre de mon nouvel album. J'ai toujours aimé le mélange des genres, la chanson ironique, le cirque théâtral et le cabaret bizarre. Et l'hymne « J'encule » est un point culminant dans mon set ».
Quel public assiste à vos concerts ?
« En général, notre public est composé de fourmis, il y a aussi quelques cigales, des araignées, des puces, des scarabées, et des termites, en fait tous les survivants d'un écosystème en disparition, qui vont préparer un avenir basé sur la résistance… »
Vous avez sorti en 1982 votre premier disque en auto production, le bien nommé « Vite avant la saisie ». Aujourd'hui, vous êtes en tournée. Quelle est la recette de votre succès ?
« En 1982, il n'y avait pas de recette : de bonnes chansons, de bonnes chansons, un public réceptif, des médias libres et chanter en français n'était pas un handicap. Aujourd'hui, il faut s'exposer sur Internet pour capter l'œil et l'oreille d'un public élusif et changeant ».
Trente ans après « J'encule » et « Adolf mon amour », vos thèmes de prédilection sont-ils toujours les mêmes ?
« Gogol a trente ans, c'est presque l'âge du Christ ! Néanmoins, j'espère, à l'instar de ce grand provocateur, ne pas être cloué par le système, et continuer à porter de la bonne humeur et du « mauvais esprit » dans toutes les villes de France avec mes chansons ».
Vous êtes le « père » de la scène alternative française. Quel regard jetez-vous sur les groupes actuels ?
« Je vais régulièrement voir des concerts et je me dis qu'avec le temps rien ne change. Il y a toujours de bons groupes et de l'autre un bizness qui passe son temps à les ignorer au profit d'artistes bien propres qui ne dérangent personne. Bien que plein de jeunes groupes émergents connaissent la guérilla digitale pour échapper aux critères normatifs du milieu musical. Maintenant, c'est de nouveau très dur pour les groupes débutants. Mais bonne nouvelle, il parait que c'est dans l'adversité que l'on produit les meilleures chansons ».
En 2006, vous avez écrit « Le Premier président Gogol ». Une chanson toujours d'actualité…
« Je l'ai écrite pour faire un pied de nez aux différents candidats. Je souhaite simplement que celui qui sera élu, nous laisse la possibilité de se prendre en main et de mettre un bon coup de cravache pour se sortir de cette période charnière ».
Le 1er février 2007, vous avez écrit une lettre de soutien à Ségolène Royal. Cette année, qui allez-vous soutenir à l'élection présidentielle ?
« Au vu des difficultés actuelles et du panorama géopolitique, je pense que la seule solution pour sortir l'Europe de la crise est de se prendre en main soi-même et de ne pas attendre un messie. Abandonnez la consommation, les crédits, les banques et déconsommer. C'est typiquement français. Ne dit-on pas que le coq chante mieux quand il a les deux pieds dans la merde ? »
Avec l'âge, vous n'avez pas changé. Vous restez anarchiste…
« Il n'y a pas d'âge pour être anarchiste. C'est un état d'esprit qui commence comme de la provocation et cela se confirme avec le temps et finit par dicter et infiltrer votre conduite et vos pensées, cela peut aussi vous conduire à la ruine et à la désespérance ».
Au début 2010, vous avez proposé à vos contacts sur Facebook de vous écrire des chansons et de vous envoyer les musiques. Quel est le résultat ?
« Ce qui m'intéressait est de savoir ce que les gens avaient à dire. Facebook est une bonne plate-forme pour communiquer mais très peu de résultats intéressants. Cela reste très virtuel au niveau du travail d'écriture et extrêmement chronophage. Concrètement pour organiser des apéros et des fêtes, tout le monde est partant ? J'ai reçu de nombreuses lettres d'amour, et des invitations à passer des vacances aux quatre coins du pays… »
Vous allez publier « Confessions » en mai prochain. Qu'avez-vous à confesser ?
« J'ai confessé mes doutes, mes espoirs, mes rêves, ma souffrance, mes illusions, mes errances, mes indignations, mes fantasmes, mon enfance pas comique troupier, ma jeunesse kill the future, toute une bonne partie de vie. Je conte les débuts difficiles et erratiques du groupe malgré le succès fulgurant avec le premier album punk, ainsi que quelques titres du Kabaret Punk : « Le Premier Président Gogol », « Inspecteur Justice », « Vampire », « Tchernodébile », « Miss Mortelle », « La Chanson du Bonheur ».
Quels sont vos projets ?
« Je prépare un autre groupe Wolf Gang, c'est un grand orchestre rock, qui me permet de m'exprimer de façon plus légère sur le quotidien. Il y aura aussi le DVD de la dernière croisade et bien sûr l'album Kabaret Punk ».
Propos recueillis par Stéphanie GRUSS
Gogol Premier et Puta Guerilla en concert demain, à 20 h 30, à l'Orange bleue. Tarif plein : 16 euros. Tarif réduit : 13 euros. Abonné : 10 euros. Réservations au 03.26.41.00.10.
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