Publié le lundi 23 février 2009 - Vu 145 fois
Le Collectif rémois Slam Tribu (Didier, Gipsy, Selecta Seb, Laurent Etienne.com, Barcella, M'sieur Dam et Mirko) a été choisi pour coordonner cette édition 2009 de la Nuit du slam.
Remi WAFFLART
ON ne présente plus le slam, cette poésie orale débarquée en France dans les années 90. L'idée : dire un texte de son cru devant un public ou un jury. La liberté d'expression et la mixité sociale et littéraire sont de rigueur.
En quelques années, la discipline a fait son nid à Reims et compte de plus en plus d'adeptes. Elle a colonisé les bars, les écoles, les bibliothèques… Mais le 14 mars, c'est toute la ville qui vivra au rythme des vers grâce à la Nuit du slam, deuxième du genre, organisée pour la première fois dans la cité des sacres.
Dix mots pour dire demain
La manifestation a vu le jour l'an dernier. Le principe : quatre régions, soit quatre viviers de slameurs (fédérés au sein du Collectif Picabora = Picardie, Champagne-Ardenne, Bourgogne et Rhône-Alpes), se réunissent dans le cadre de la semaine de la langue française à l'initiative de leurs directions régionales des affaires culturelles pour proposer une grande tournée interrégionale de slam sur le thème des « dix mots pour dire demain » (ailleurs, capteur, clair de Terre, clic, compatible, désirer, génome, pérenne, transformer, vision). À chaque étape - Reims le 14 mars, Creil le 20, Lyon le 21 et Dijon le 27 - est proposé un programme gratuit, cohérent avec chaque site, mêlant scènes ouvertes, tournois de poésie, interventions dans les transports en commun, créations originales…
En guise de maître de cérémonie, on retrouvera le Collectif rémois Slam Tribu, choisi pour coordonner cette édition itinérante multidates 2009 et pour organiser la Nuit du slam rémoise. « Les structures culturelles, institutionnelles… nous suivent depuis longtemps », note Sébastien Gavignet, alias Selecta Seb de Slam Tribu. « C'est super de les réunir sur un même projet. Nous avons aussi conclu de nombreux partenariats avec des médias nationaux, ce qui nous permettra de donner un rayonnement plus large à l'événement. Arte, notamment, offrira 100 places aux étudiants et 10 places pour deux sur son site. Sans compter que nous accueillerons un plateau important de slameurs reconnus en France et à l'étranger. »
Parmi eux, Mark Smith, inventeur du slam dans les années 80, Danny Sherrard, Américain lui aussi, champion du monde de slam 2008, Naturel, champion de France 2008…
Il a fallu plusieurs mois au Collectif pour mettre sur pied la manifestation. « On bûche sur le projet depuis mai 2008. Et on a tout mis en place dès octobre, notamment à travers des ateliers avec les collégiens, les primaires, les universitaires… » souligne Sébastien.
« Durant cette nuit du 14 mars, de 16 heures à minuit, on veut montrer le slam en général, tout ce qui peut se faire, à tous les publics, connaisseurs ou non. Mais on a pris le parti aussi d'organiser, avant et après, des événements de moins grosse envergure à Vitry et Châlons, là où on anime régulièrement des ateliers. » Pour ce faire, le Collectif Slam Tribu a reçu le soutien financier de la Drac, de la Ville de Reims et les contributions du ministère de la Culture, de la médiathèque Jean-Falala et de la Cartonnerie. Preuve que le slam a désormais bien sa place dans le paysage artistique rémois…
Marion Dardard
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Tout le programme
En entrée…
Mercredi 4 mars : à 18 heures à la Cartonnerie, 84, rue du Dr-Lemoine, dans le cadre des Mercredis du kiosque, projection du film « Slam » de Marc Levin et rencontre avec Slam Tribu (dans le cadre de la résidence du Collectif Slam Tribu et en partenariat avec l'association La Pellicule ensorcelée).
Lundi 9 mars : de 18 à 20 heures, à la bibliothèque universitaire campus Croix-Rouge, atelier d'écriture slam en langues étrangères pour étudiants Erasmus par Danny Sherrard, Américain, champion du monde 2008.
Mercredi 11 mars : de 18 à 20 heures au centre culturel du Crous, campus Croix-Rouge, atelier d'interprétation slam en langues étrangères pour étudiants étrangers par Danny Sherrard.
Jeudi 12 mars : avant-première régionale. De 14 à 18 heures, à la médiathèque Jean-Falala, 2, rue des Fuseliers, grand tournoi de slam interscolaire régional. De 20 à 23 heures, scène ouverte précédée de la remise des prix du jeu des dix mots à la médiathèque Georges-Pompidou à Châlons.
Plat principal : la Nuit du slam
Samedi 14 mars
À 16 heures, tournoi de slam Picabora avec les membres des collectifs des quatre régions et Mark Smith, Américain, inventeur du slam dans les années quatre-vingt, à la médiathèque Jean-Falala. Entrée libre. À 18 heures, apéro mix avec Aaron 3000 et expo photos du collectif ArtEos, au bar de jour de la Cartonnerie. Entrée libre. À 19 h 30, scène slam ouverte à tous (un poème dit = une place offerte pour la soirée du cabaret), au bar de jour de la Cartonnerie. Entrée libre. À 21 heures, créations sur le thème des dix mots pour dire demain et performances de slam internationales au cabaret de la Cartonnerie. Entrée 5 euros. Entrée gratuite pour les participants du tournoi de la médiathèque et de la scène ouverte de la Cartonnerie.
En dessert…
Mardi 17 mars : scène slam et rendu des ateliers slam du lycée François Ier (Vitry) à 20 heures à la médiathèque de Vitry.
Jeudi 19 mars : à 20 heures à la Villa douce, 9, bd de la Paix, création originale de Slam Tribu et Somna et rendu des ateliers Erasmus.
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Quand les profs s'y mettent
C'est dans un bar du centre-ville que Lydia Ledig a découvert le slam il y a quelques années. Depuis, elle n'a jamais décroché. Mieux : cette enseignante vacataire auprès des étudiants de licence sciences sanitaire et social (intégrée à la faculté des sciences économiques et sociales et de gestion) a décidé d'inscrire la discipline à son programme, sous forme d'atelier. Et pour l'animer, son regard s'est naturellement posé sur le Collectif Slam Tribu, qui intervenait déjà dans les collèges et lycées. « Le slam a pour objectif de désinhiber le rapport des étudiants à l'écriture, de les aider à s'exprimer en public », souligne Mme Ledig. « L'idée, c'est aussi de travailler en groupe, de fédérer un projet ensemble. »
L'enseignante a choisi de jumeler cette activité slam avec d'autres ateliers consacrés au théâtre et à la photo. Clou du spectacle : le 12 mai à la Villa Douce au siège de l'université où tous les travaux seront présentés.
En tout, Slam Tribu animera dix séances de deux heures étalées sur le second semestre. Le coup d'envoi a été donné lundi 9 février avec 40 étudiants. Le Collectif est ravi. « De plus en plus de profs se creusent la tête pour proposer des alternatives aux étudiants », se réjouit Sébastien Gavignet du Collectif. « On a beaucoup parlé de la notation avec Mme Ledig. Nous le ferons ensemble. Mais attention, on n'est pas profs ! On reste des artistes. On n'est pas là pour dire que l'étudiant a bien ou mal écrit. On est là pour poser un cadre à la création artistique. Attribuer une note n'est pas contraire à l'esprit du slam qui fait appel au jury populaire. Plus l'étudiant nous aura touchés, plus elle sera bonne ! »
Mais Slam Tribu ne compte pas s'arrêter là : dès mars, le Collectif assurera une « unité d'enseignement transversale culturelle » de slam pour les étudiants en Lettres, qui comptera dans les examens de fin d'année ! L'expérience devrait d'ailleurs être reconduite à la rentrée de septembre.
« On travaille aussi en direct avec les ministères de la Culture, de l'Agriculture, de la Justice, et l'université de Bourgogne », précise Sébastien. « Et on assure des formations pour les enseignants, les directeurs de structures, de conservatoires… » On dirait bien que tout le monde s'y met !
A noter que le conseil général soutient lui aussi le slam en menant des actions avec l'association Djaz 51, notamment dans les collèges en milieu rural.
M.D.
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Connaissez-vous le slam ?
Olivier Binse, 28 ans, commerçant
« Oui. Depuis quatre ans, on connaît ça en France, grâce entre autres à Grand Corps malade dont j'ai acheté le premier album et qui a introduit ce genre dans les cafés.
C'est un style apaisant et culturel, moins agressif que le rap, même s'il y a un cousinage entre les deux genres : il s'agit de communiquer et de faire passer des messages.
Le slam est riche en paroles, avec ou sans musique. Ce genre oral arrive au bon moment ! »
Estelle Billet, 17 ans, lycéenne
« Oui, j'ai déjà entendu cela à la radio et à la télé, avec des gens comme Grand Corps malade ou Abdel Malik. Je n'aime pas du tout ce genre, ce n'est absolument pas ce que je préfère écouter. Je reproche au rap son agressivité et au slam sa monotonie, et souvent l'absence de musique. J'écoute surtout du pop-rock. Je fais partie d'une chorale : les « Fous chantants », et on chante plutôt des œuvres d'Aznavour, de Lama, voire… de Bourvil ! »
Maxence Devilder et Deborah Bénichou, 22 et 23 ans, étudiantes
« Oui, nous connaissons ça par Grand Corps malade. L'an dernier, dans notre école à Sup de Co, un groupe de slameurs rémois est venu nous faire une prestation. C'était à la fois poétique et revendicatif, on y a évoqué Martin Luther King et d'autres sujets sur un mode humoristique.
Le slam peut être inspiré par des sujets graves ou légers, mais c'est assez intergénérationnel. La place y est grande pour l'improvisation. »
Yann Lanier, 36 ans, salarié
« Oui, je connais, mais je n'aime pas du tout ce style. S'il y a des prétentions poétiques, je préfère la poésie chantée par un Brassens ou d'autres auteurs du même genre.
Je n'aime pas non plus le rap français avec son agressivité et sa violence et le slam m'ennuie. Grand Corps malade, sans faire de mauvais jeu de mot, n'inspire pas la bonne santé et je le trouve tristounet. Mais il en faut, comme on dit, pour tous les goûts ! »
Amine et Hakim Bouarfa, 19 ans, lycéens
« Oui, on connaît bien le slam, mais nous ne sommes pas d'accord : l'un aime et l'autre pas. Il y a de la ressemblance avec le rap, mais c'est plus beau à écouter et plus cool ! On connaît surtout Abdel Malik et Grand Corps malade par la radio et la télé. On n'a pas encore eu l'occasion d'écouter un concert de slam à Reims, mais ça viendra car on sait qu'il y a plusieurs endroits où on peut en entendre. Notre mère aime bien ce genre qu'elle trouve doux et pacifique. »
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