Publié le samedi 21 juin 2008 - Vu 2 fois
Une vidéo réalisée par les opposants, sur un fond musical oppressant qui martèle « Ir-ra-dié ! »
Jacques Berthion
ON ne les aura pas attendus longtemps. Les opposants au nucléaire, loin de défendre un unique site, se battent contre le principe même de production de déchets nucléaires.
Michel Marie, animateur du collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs (Cedra), dit être arrivé au cœur de cette lutte presque par accident, lorsqu'il a voulu glaner des informations sur le projet de laboratoire d'étude du stockage, qui s'est monté près de chez lui, à Bure (Meuse).
Il a découvert que l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) était en charge du dossier, comme elle l'avait été de celui du centre de stockage de Soulaines-Dhuys (Aube), implanté au début des années 90.
Communication opaque
Aujourd'hui, l'État veut créer un centre par beaucoup d'aspects comparable à celui de l'Aube.
On sait que 47 communes du Vouzinois (celles des cantons de Vouziers, Monthois et Machault) font partie des 3.000 qui peuvent se porter volontaires.
La carotte consiste en un pactole financier non négligeable (taxe professionnelle, foncière, création d'emplois…).
Aux élus qui seraient tentés par l'aventure, Michel Marie adresse une sérieuse mise en garde.
Fort de son étude de Soulaines, il possède un certain recul que n'ont pas les responsables politiques locaux et quelques arguments bien sentis.
« Depuis le 5 juin, je rame pour avoir la liste des 3.000 communes ! » commence Michel Marie.
Sa remarque vaut pour les 20 départements concernés.
« On parle de l'Aube, de la Meuse, des Vosges, de la Meurthe-et-Moselle, de la Haute-Marne… Dans le Lot, certains seraient déjà intéressés. Mais impossible de connaître toutes les communes ».
Il semble, en effet, que certaines préfectures, comme celle des Ardennes, ont choisi la transparence, quand d'autres sont plus gênées aux entournures au moment d'ouvrir le dossier.
Rejets gazeux
À Soulaines, « on a ramé des années pour faire accepter le fait que la cheminée émet des rejets radioactifs », raconte Michel Marie, qui s'affiche décidément comme un pro de la pagaie.
Une étude indépendante a finalement montré un dégagement de tritium, malgré les dénégations antérieures des responsables que rapporte l'animateur du Cedra.
« L'exploitation du site de Soulaines devait durer 30 ans, puis 40, 50 et maintenant on parle de 60 ou 70 ans ! » s'indigne encore Michel Marie.
Exploitation à rallonge
« Au départ, on dit aux gens et aux élus locaux : « on est là pour 30 ans » et puis une fois qu'ils ont le doigt dans l'engrenage, on crache le morceau ! »
De plus, lors qu'il devait suffire de 300 ans pour parvenir à la décroissance de la radioactivité des éléments stockés à Soulaines (faible et moyenne radioactivité), la présence de Plutonium 241 amène ce chiffre à… 240.000 ans !
Enfin, à Bure, une pétition demandant un référendum sur le projet et signée par 50.000 électeurs n'aurait pas pesé contre les décisions d'une soixantaine d'élus.
Un argument de plus…
Jacques Berthion
Contact : 03.25.04.91.41. ou cedra.org@orange.fr ou www.burestop.org
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