Publié le samedi 24 octobre 2009 - Vu 73 fois
Aujourd'hui, Angélique Jacques préfère accompagner elle-même son fils à l'école et effectuer les 14 km qui séparent Verdon de Montmirail.
COrinne Lange
«C'est grâce à un article de l'union que j'ai découvert que le chauffeur de bus qui conduit chaque matin nos enfants à l'école, a été condamné pour agression sexuelle », explique Angélique, une mère de famille. La jeune femme réside à Verdon, une petite commune de la Brie champenoise située à 14 km de Montmirail. « Mes enfants prennent le bus avec lui le matin et le soir, et parfois le midi aussi », précise t-elle. Pourtant depuis lundi dernier, c'est elle qui parcourt la distance entre les deux villages pour accompagner ses enfants à l'école.
« Il n'est pas question de les laisser monter avec lui ». Lui, c'est Marc, un quadragénaire de Montmirail qui a retrouvé un emploi comme conducteur de bus aux cars montmiraillais il y a quelques mois, après avoir été condamné à de la prison ferme pour une sombre affaire d'agression sexuelle. Il a purgé sa peine mais qu'importe, Angélique campe sur ses positions. « Dans l'article, on parle même de problème d'alcool ». Cette maman avance d'autres arguments qui tiennent la route : « Je suis assistante maternelle. Pour exercer cette profession, il faut montrer patte blanche et avoir notamment un casier judiciaire vierge. Il devrait en être de même pour les chauffeurs de bus et qui plus est, des conducteurs de bus scolaires ».
30 signatures récoltées
Angélique Jacques décide alors de prendre les choses en main. Elle lance une pétition mais attention « pas pour exiger le renvoi de cet homme mais pour demander à ce qu'il ne conduise plus et qu'il ne soit plus au contact de nos enfants ».
Ghislaine, une autre maman abonde dans son sens. « Ma fille de 16 ans prend le bus le soir avec lui. Parfois, il lui arrive de se retrouver seule avec lui ». Si elles assurent ne pas vouloir tomber dans la paranoïa, l'une et l'autre évoquent « des regards bizarres dans le rétro » de la part du conducteur. « Cette situation n'est pas saine, c'est tout ! », lâche Angélique Jacques.
Cette dernière ne veut pas en rester là. « Je suis allée à la communauté de communes qui gère le transport scolaire. J'ai joint son employeur, les deux le soutiennent ».
La pétition circule depuis maintenant cinq jours. « J'ai déjà reçu 30 signatures même si certains parents refusent clairement de signer ». Pour Angélique et son amie Ghislaine, pas question de parler d'acharnement. « On demande simplement à ce qu'il change de métier. Non, on ne s'acharne pas, nous, on n'a rien contre lui personnellement mais il ne doit plus être au contact de nos enfants et de ceux des autres. Il a droit à une 2e chance mais pas avec nos enfants ». Le message est clair. Angélique assume ses propos et son action. « Je sais que cette pétition ne fait pas l'unanimité et qu'elle dérange certaines personnes à Montmirail mais tant pis ! »
Vendredi, pour des questions d'emploi du temps, Angélique a été dans l'impossibilité d'emmener, elle-même son fils à Montmirail. « J'ai demandé à ma mère de le faire pour moi ». Pas question de fléchir pour cette maman au caractère bien trempé. « C'est les vacances, et j'espère bien qu'à la rentrée, ce ne sera plus lui qui effectuera cette ligne », conclut-elle.
Corinne Lange
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