Publié le mardi 04 mars 2008 à 01H00 - Vu 69 fois
Mélanie lors de son dernier voyage au Mali.
Stephanie Gruss
«J'ai découvert une Afrique qui souffre, qui cherche et qui lutte. Mais j'ai surtout rencontré un peuple merveilleux qui prie, qui chante, qui partage et qui sourit… ! »
Originaire du Meix-Tiercelin, Mélanie Garnotel, 24 ans, est étudiante en master 2 communication à l'Université libre de Lille. Dans le cadre de ses études, elle mène un projet de lutte contre la malnutrition des enfants au Mali, en partenariat avec l'organisme rémois Prolivim, qui commercialise les extraits foliaires de luzerne (EFL). C'est son père, agriculteur, qui lui a fait découvrir les vertus de cette plante. « Fauchée et hachée, la luzerne est ensuite broyée et pressée. Dans le liquide vert ainsi extrait se trouvent les composants nutritifs les plus riches des feuilles tels que des protéines, des oligo-éléments et des vitamines, explique cette jeune fille qui est tombée sous le charme de l'Afrique. Il suffit de 5 g par jour pour renforcer la santé d'un enfant malnutri ».
Un même rituel
En octobre dernier, elle s'envole, avec trois autres étudiants, à Bamako, la capitale du Mali. Chargée de promouvoir les EFL dans les zones rurales, elle rencontre des médecins en brousse, des spécialistes de la nutrition, des pédiatres, des infirmières, des sages-femmes. « Je leur ai expliqué que la luzerne s'adaptait bien à la nourriture traditionnelle des Maliens, qu'elle se conservait bien, même à une température élevée puisque les extraits sont déshydratés, et qu'elle représentait un faible coût, 3 euros par an et par enfant. »
Oui mais voilà, les sacs de luzerne partent de la France dans des conteneurs à moitié vide. La société Prolivim s'est donc associée avec Adiflor (lire l'encadré) qui distribue des manuels scolaires. Sur place, Mélanie Garnotel a visité six écoles primaires situées en pleine brousse. Partout, elle s'est pliée au même rituel. « Lorsque l'on arrive, on salue le chef du village et on discute avec lui, assis sur des peaux de bêtes, raconte-t-elle. Après seulement, on rencontre le maire, le directeur de l'école et les enseignants ».
Dans chaque école, elle a référencé les besoins en fournitures scolaires : craies, cahiers de brouillon, stylos, règles, globes, cartes du monde. « Je me suis rendue compte que les enseignants manquaient de supports didactiques mais aussi de fournitures scolaires pour les enfants. »
2.000 cahiers
De retour en France, cette étudiante en communication s'est démenée pour récolter des fonds. Vendredi dernier, elle a organisé une soirée africaine dans la salle des fêtes de Saint-Ouen et Domprot. Les recettes de la vente de produits artisanaux et de la tombola devraient permettre d'acheter une partie des 1.500 règles, 1.000 rapporteurs et équerres, 20 règles à tableau et 2.000 cahiers. Le groupement pédagogique de Saint-Ouen et Domprot lui a déjà remis 200 cahiers qu'elle a soigneusement rangés dans des cartons.
Mélanie Garnotel partira le 6 avril prochain au Mali. Elle a dix jours pour distribuer toutes ces fournitures. Si tout se passe bien, elle aimerait mettre sur pied le même projet mais au Burkina-Faso cette fois-ci.
Stéphanie Gruss
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Deux sigles à connaître
Prolivim (Protéines, Lipides, Vitamines et Minéraux), basée à Reims, lutte contre la malnutrition dans le monde, en étroite collaboration avec le CHU de Reims. Depuis un an, la société commercialise les extraits foliaires de luzerne (EFL) en tant que compléments nutritionnels. Fabriqués en France, ils sont vendus à travers le monde comme le Congo, le Mali, le Niger, le Mexique. Plus de 11 millions de sachets ont d'ores et déjà été distribués. Depuis juin dernier, un dépôt a été mis en place à Bamako, capitale du Mali. Une dizaine de jeunes Maliens met en dose de 10 g les EFL. Et dans une coopérative, des femmes concoctent des pâtes de fruits.
Adiflor, association pour la diffusion internationale francophone de livres, ouvrages et revues, a été créée en 1985 par Xavier Deniau, ancien ministre, afin de contribuer à la promotion de la langue et de la culture française, en diffusant des livres à travers le monde francophone. Ces livres sont soit des ouvrages neufs cédés par des maisons d'édition ou bien achetés par Adiflor, soit des livres d'occasion de qualité et en bon état obtenus auprès de bibliothèques, universités, établissements scolaires, particuliers… Si le siège social se trouve à Paris, l'association dispose d'une antenne régionale à Reims.
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