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Master classes avec les Musiques d'ici et d'ailleurs

Publié le vendredi 27 juillet 2012 à 10H30 - Vu 88 fois


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Lorena,  10 ans, a été la seule à oser la démonstration.

Lorena, 10 ans, a été la seule à oser la démonstration.


CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne) Le public est invité à participer aux master classes tenues par les artistes de la résidence de création. On leur propose même de démontrer leur talent.

OUMAR DÉMÉ, le chorégraphe et danseur burkinabé, était un peu déçu. Dans ces master classes, il espérait rencontrer d'autres danseurs, partager avec eux son expérience et en retour écouter leur approche de la danse africaine. Il envisageait même, à l'en croire, d'y dénicher des volontaires pour le grand spectacle de la résidence de création « Si loin Si proche », samedi et dimanche.
Mais s'il y avait bien quelques « élèves » sur la scène de la place Foch mardi, ils étaient trop timides pour se lancer en public ou partager leur expérience. Au final, seule Lorena, 10 ans, danseuse classique qui a pratiqué les mouvements africains en maternelle, a relevé le défi - avec brio - quand il a proposé une petite démonstration.

Qu'à cela ne tienne ! Puisque le public voulait surtout admirer et écouter, Oumar Démé (accompagné par ses musiciens et danseurs) a su expliquer son art, tel qu'il le vit. « La chorégraphie, ce n'est pas que de la danse ; le message qui passe autour de la danse est le plus important. » Ce que lui et sa troupe, le Dankan du Houet, ont démontré par un éblouissant spectacle lundi soir, dénonçant le drame vécu par les enfants soldats.

Le soukou ressuscité
Il n'a pas suivi des cours, a appris par lui-même, sur le tas. « Dans une chorégraphie, le plus grand des boulots, c'est de mettre la danse en valeur. » Travail et expression d'équipe, entretien du corps aussi (dans la troupe, nul ne boit d'alcool ni ne fume, à l'en croire). Contact avec le public, sourires… Tout est important.
Oumar Démé aime le mélange de moderne et de tradition. A ressuscité le soukou (violon africain). Démontre (Lorena est son cobaye) les quatre étapes de la danse africaine : trouver la cadence avec les jambes : ajouter les bras ; puis la tête « bien sûr ». La 4e étape, explique longuement le chorégraphe africain, ne peut s'apprendre auprès d'un maître. « C'est la vivacité, voir jusqu'où son corps peut aller. Chacun naît avec un corps différent, et certains ont le don. Ce que vous faites de votre corps dépend de vous-mêmes. »

Son public l'écoute avec attention, ravi. Lorena trouve l'expérience « très bien, j'ai tout compris », et se remettrait bien à la danse africaine. Baptiste et Raphaël, eux, sont des musiciens, élèves au conservatoire. « Ça m'a quand même intéressé, souligne Baptiste, 17 ans. Tous les ans, je vais à toutes les master classes car j'y apprends plein de choses. »
Bernadette et Isabelle, la cinquantaine, ont, quant à elles, de l'expérience en danse africaine, même si elles n'ont pas pratiqué depuis quelques années. « Ça fait des dégâts physiques, et je n'ai plus tout à fait l'âge pour la compétition », s'amuse Bernadette.
Plus qu'une master classe pour rencontrer les artistes, ce matin à 11 heures, l'office de tourisme accueille Eric Broitmann, musicien acousmaticien qui travaille sur une quête de sons, et de sens. Profitez-en…
 

Caroline BOZEC
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