Publié le mardi 25 novembre 2008 - Vu 19 fois
Entre quelques heures passées, bredouille, appareil au poing, Sébastien tombe sur des trésors comme cette libellule.
DEUX univers à part se dévoilent aux Tourelles. Entre insectes géants et regard décalé, le centre accueille les expositions de Sébastien Filaine et Emmanuel Bourdon, dès jeudi 27 novembre.
« Nous aimons bien accueillir des choses qui sortent de l'ordinaire », précise Françoise Capelle, adjointe à la culture. « On a par ailleurs choisi de faire le vernissage de l'expo un soir de spectacle, de façon à faire venir du monde autour d'œuvres méconnues. »
Et le public devrait être servi. Mordu de paysages, Sébastien Filaine explore cette fois-ci les habitants du microcosme. Son appareil en bandoulière, il parcourt à quatre pattes la lande ardennaise à la rencontre de ceux que le commun des mortels fuit. La passion ne le pousse pas jusqu'à affubler ses modèles de surnoms, mais une certaine intimité s'installe malgré tout. « Il m'arrive de leur parler », sourit-il. « Par exemple, je leur demande de bouger un peu pour avoir une belle diagonale, mais ça ne marche pas toujours. »
« Des fois ça me gratte »
Le résultat de ces virées voit le cauchemar de certains prendre forme : des clichés d'insectes de tous poils agrandis aux formats 50 cm par 70, et 70 cm par un mètre.
Mais l'artiste ne le voit pas de cet œil. « C'est vrai que quand j'y pense des fois ça me gratte, mais psychologiquement, sinon ça va », sourit-il. « On s'aperçoit qu'il y a tout un microcosme qu'on peut exploiter et qu'on ne voit pas quand on marche dessus. Les couleurs notamment sont assez fantastiques. »
N'empêche qu'il n'est pas à l'abri de quelques sursauts. À travers son macro-objectif, la taille des bestioles se multiplie par dix. « Une fois, j'ai fait un bon en arrière en en voyant une émerger de derrière une feuille », sourit Sébastien. « Je crois qu'on a eu aussi peur l'un que l'autre. »
Malgré son nom, Emmanuel, lui, s'entiche d'une tout autre marotte. « Au départ, je me suis mis à la photo parce que ça m'embêtait d'avoir des choses déjà vues », explique l'artiste. « L'idée est de traiter l'image différemment. Une photo n'a pas sa place que dans un livre, on peut utiliser tous types de supports. »
Du fantaisiste au grave
Bois, alu, verre… Tout est envisageable pour ce « maçon de la photo », jusqu'à imprimer une image sur un paravent. L'escamoteur s'ingénie aussi à détourner les objets du quotidien pour les éclairer d'un jour nouveau. Tels ces deux œufs affublés d'un string, et qui n'ont rien à envier aux plus belles lunes d'Hollywood.
Du fantaisiste au grave, l'autodidacte poétique sculpte ses photos. Entre modification des clichés sur ordinateur et travail de la texture, il aborde aussi des scènes plus crues en noir et blanc. « Une femme qui se rase devant un miroir par exemple », note Emmanuel. « Ce genre de souffrance devant laquelle on passe sans s'en rendre compte. »
De quoi avoir les yeux grands ouverts.
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