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Lucien Jacques : écrivain, peintre et poète

Publié le dimanche 19 août 2012 à 10H06 - Vu 124 fois


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Lucien Jacques est né à Varennes le 2 octobre 1891,  dans la rue de la Basse-cour.

Lucien Jacques est né à Varennes le 2 octobre 1891, dans la rue de la Basse-cour.


SAINTE-MENEHOULD (Marne). Son existence, sa carrière et ses carnets de guerre ont fait l'objet il y a peu d'une conférence à Chepy. Dans le public, un grand nombre des amis de la société qui s'est créée en sa mémoire.

IL fut en son temps un écrivain, un poète et un peintre renommé. Un artiste qui illumina les cercles artistiques de la première moitié du XXe siècle, qui découvrit Jean Giono, le fit connaître et fut son ami. Lucien Jacques est né à Varennes le 2 octobre 1891, dans la rue de la Basse-cour, non loin de la demeure de l'épicier Sauce où Louis XVI a été arrêté. Il a fréquenté l'école des garçons de la place du Marché.
Il a suivi ensuite sa famille à Paris, où il a entamé ses premiers pas vers la carrière artistique.

Un antimilitariste au front

En 1912, sa feuille d'appel le conduit à rejoindre Saint-Mihiel à contrecœur, car antimilitariste et épris de liberté. Ses talents de musicien le conduisent à la musique du 161e RI.
La guerre de 1914 arrivant, il devient brancardier et suit son régiment dirigé vers l'Argonne, sa patrie de naissance, passant directement du service militaire à la guerre.
Il retrace alors « sa » guerre dans un journal, retrouvant son pays d'origine, Montfaucon, Cierges et Varennes, meurtrie et défigurée. Ce journal paraît 25 ans plus tard, sous le nom de « Carnets de moleskine », préfacé par Jean Giono. De Saint-Mihiel, il se retrouve à Vigneules où il reste jusqu'au 17 août. De là, il se rend avec son régiment à Marchéville puis Bethincourt. La chaleur des marches ne lui paralyse pas le crayon. Il dessine au repos les églises, raconte les populations qui les hébergent : « s'il y a des paysans chiens et secs, il y en a vraiment de très bons et très humains ». Lesquels leur apportent des légumes, voire une bonne bouteille, opposés à ceux « qui leur font payer quatre sous une tasse de lait aigre et six sous un morceau de pain large comme la main ! ».
C'est là qu'il dessine et écrit sur « un noyé qui n'a plus d'humain qu'une main rongée ». Toujours en Lorraine, il se retrouve à Lacroix-sur-Meuse, puis à Julvécourt, où il rase sa barbe, accessoire répandu chez les musiciens militaires.
Le 15 mars, il est à La Harazée, le 9 avril à Moiremont. Il y croque l'église, « intime et reposante », admire l'accueil de la boulangère qu'il décrit « lumineusement blonde, rose comme une branche d'églantine », mais signale que « le plaisir de sa vue est singulièrement diminué par les propos salés qu'on entend aux alentours ».
Le 29 juin, il écrit depuis le Four de Paris. Une photo le représente décoré le 11 juillet 1915 de la Croix de guerre devant la ferme de la Seigneurie à la Placardelle.
En 1915, il est victime de la typhoïde, et passe sa convalescence à l'hôpital militaire de Châlons-sur-Marne. Une autre suit en 1917.

Ami de Giono, Matisse et Prévert

A la fin de la guerre, il entame sa carrière d'écrivain, riche de ses souvenirs récents, tout en persévérant dans la peinture.
Pour raisons de santé, il gagne la Provence, et la région de Manosque, qui lui inspire une production abondante de dessins, fresques, panneaux décoratifs, statues, tapisseries et surtout aquarelles et gravures.
Il a de nombreux amis, parmi lesquels Jean Giono, à la carrière duquel il a contribué, mais aussi Buffet, Matisse ou Prévert.
Deux de ses poèmes ont été réédités par la société historique et culturelle de Varennes, un sur le village qu'il décrit sous tous ses aspects et notamment l'activité de ses artisans et Vauquois, qu'il visite après la guerre, en juillet 1930 : « En Argonne, le passé s'élève presque toujours à chaque pas, malgré les arbres refeuillus et les maisons rebâties ».
Le spectacle de ce village, haut lieu de la sauvagerie de la guerre des mines et de la destruction, lui inspire les lignes d'une poésie dans laquelle transpirent les souvenirs d'une guerre qui l'aura marqué toute sa vie.
Enterré près de Manosque, ce Varennois au triple talent a une tombe entourée de graminées, des fleurs qu'il aimait peindre.

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