Publié le dimanche 15 janvier 2012 à 12H00 - Vu 351 fois
Liane Foly
HUMOUR. Après 23 ans de chanson, Liane Foly s'est lancé en 2007 dans une carrière d'imitatrice. Après un premier spectacle « La folle parenthèse » qui a connu un gros succès, l'artiste est de retour en 2012 avec « La folle part en cure ». Elle sera de passage le 19 janvier au Kabaret de Tinqueux près de Reims.
Qu'est-ce qui vous a pris en 2007
de vous lancer dans un one-woman-show alors que vous étiez reconnue en tant que chanteuse ?
Lorsque j'ai fait ma tournée en 2006, qui était un gros best-of musical, je faisais déjà énormément d'imitations entre les chansons. C'est Jean-Claude Brialy, chez qui j'avais fait la dernière date du festival de Ramatuelle avant sa mort, qui m'a donné l'envie. Tous mes potes aussi comme Jean-Jacques Goldman, Muriel Robin m'ont dit de faire une parenthèse, de me faire plaisir. C'est comme ça qu'est née « La folle parenthèse », mon premier spectacle d'imitation avec 35 voix. Et puis la parenthèse a été plus longue que prévu puisque j'en ouvre une nouvelle avec « La folle part en cure » que je présenterai à Reims.
N'était-ce pas risqué de changer
ainsi d'orientation ?
Je m'en foutais totalement ! Risqué de quoi ? Etre chanteur, c'est risqué aussi aujourd'hui. J'ai toujours été libre dans ma carrière. C'est vrai que l'on étiquette facilement les gens dans une catégorie et qu'il est parfois difficile d'en sortir. Mais le public m'avait déjà vue faire naturellement des imitations dans des émissions. J'étais donc crédible. Et quand vous êtes crédible dans un domaine, même si ce n'est pas celui pour lequel on vous connaît, on ne vient pas vous critiquer.
En cure de « rigologie »
D'où vous vient ce goût pour l'imitation ?
J'ai découvert ça enfant, à l'école, en famille. A 8-9 ans, je regardais les émissions des Carpentier, de Guy Lux et j'imitais ensuite les chanteurs. Je crois que c'est quelque chose que j'ai en moi depuis toujours, comme un don. Lorsque je vais dîner chez des amis et qu'il y a des gens que je ne connais pas à table, à la fin du repas je peux vous imiter la personne qui est à l'autre bout.
La folle parenthèse n'en étant plus une, vous repartez sur scène dans un nouveau spectacle. Que verra t-on lors de votre passage dans la région ?
Cela n'a rien à voir avec le premier qui se déroulait dans un cabaret gay. Là nous sommes dans un établissement de cure de rigologie où différentes personnes viennent se faire soigner et rencontre une psy qui doit les aider à aller mieux.
J'essaye de coller à l'actualité et je change de spectacle à chaque ville. Le public qui sera présent à Reims aura l'impression que le one-woman-show aura été écrit pour cette soirée. C'est un spectacle très interactif dans lequel je fais participer le public qui rentre lui aussi en cure…
Retrouve-t-on d'anciennes voix,
des personnages nouveaux ?
Il y a certains incontournables qui passent d'un spectacle à l'autre comme Muriel Robin, Line Renaud, Shirley, Mylène Farmer ou Véronique Sanson. Il y a aussi beaucoup de nouveautés comme Roseline Bachelot, Catherine Frot, Isabelle Mergault, Piaf, Susan Boyle mais également des hommes avec M, Grand corps malade, Grégoire, Claude François, Didier Barbelivien.
Je joue cette fois plus dans le registre vocal pour cette tournée. Ce qui est très différent aussi pour moi c'est que dans « La folle parenthèse » j'avais pris des voix que je faisais depuis longtemps. Là j'ai dû en travailler de nouvelles ce qui ne fut pas toujours facile.
« Rire, c'est vraiment le pied ! »
Y-a-t-il certaines voix que vous n'arrivez pas à « attraper » ?
Certaine ne viennent jamais ou sont très difficiles. Pour Roseline Bachelot par exemple, j'ai mis du temps. Mais je ne travaille pas que la voix. Ce qui m'intéresse aussi c'est l'attitude, les gestes, la démarche. J'aime entrer dans la peau des personnages que j'imite au point parfois d'être à la limite de la schizophrénie. Mon seul regret c'est de ne pas pouvoir faire plusieurs femmes politiques. Je n'ai pas envie d'être virulente, trop politique même si à l'approche des élections présidentielles j'évoquerai le sujet dans mon spectacle.
Est-ce très différent d'être ainsi sur scène par rapport à un concert ?
C'est complètement différent. Lorsque vous chantez, le public rêve, se laisse aller. Rire et faire rire, c'est autre chose. L'énergie est décuplée que ce soit pour moi sur scène ou pour le public. Les gens avec vous transmettent énormément de choses. Rire, c'est vraiment le pied !
On a l'impression que depuis 2007-2008 vous avez accéléré votre envie de faire autre chose (film avec Lelouch, téléfilm Joséphine Ange Gardien, radio avec Stéphane Bern sur RTL, la présentation d'émissions sur TF1...) Vous arriviez
à saturation dans la musique ?
C'est vrai que je m'ennuyais fermement dans la musique. J'aurais d'ailleurs pu commencer ma carrière par de l'imitation. Mais je ne regrette pas car la musique m'a apporté beaucoup de succès, un public fidèle qui m'a suivie ensuite dans mes nouvelles aventures et sans lequel peut-être la suite n'aurait pas pu se faire.
Ce qui m'intéresse aujourd'hui c'est de multiplier les expériences, découvrir de nouvelles choses. L'accélération des collaborations ne me dérange pas car je suis une boulimique de travail.
Avec les Enfoirés en février
Votre dernier album, Le goût du désir,
date de 2008 … La page musicale
est définitivement tournée ?
Aujourd'hui les disques qui marchent sont les albums concepts comme celui de Nolwenn sur la musique bretonne. Moi je ne suis pas dans cette perspective.
La scène est toujours présente dans ma vie, et la musique aussi, mais différemment. J'aimerais faire par exemple du théâtre ou une comédie musicale.
En dehors de votre nouvelle tournée, votre actualité c'est aussi le concert des Enfoirés. Vous y étiez en 1993 et serez encore là à Lyon en février prochain….
Cela fera presque 20 ans… D'un côté on est heureux de se retrouver tous ensemble, de se sentir utile. On forme une belle famille.
Mais d'un autre côté c'est terrible de voir qu'en 20 ans rien n'a changé et que c'est même de pire en pire…
Propos recueillis par Grégoire Amir-Tahmasseb
Liane Foly, one-woman-show, jeudi 19 janvier, 20 heures, le Kabaret, 18 rue Nicolas Appert, Reims-Tinqueux. enseignements au 03.26.04.11.11.
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