Publié le dimanche 20 juin 2010 à 11H00 - Vu 39 fois
C'est un programme au niveau hétéroclite que nous ont servi les Flâneries aujourd'hui. Le principe de faire jouer huit pianistes différents dans une même soirée était plus ennuyeux qu'autre chose et, de plus, très périlleux pour les artistes. En effet, chaque musicien n'a joué qu'une œuvre, parfois très courte. C'est pourquoi, bien que des fortes différences de niveaux se soient faites sentir durant la soirée, je ne me permettrai pas de critiquer les musiciens sur une seule pièce.
Par contre, entre les encensements imbuvables qu'Olivier Bellamy nous dispensait après chaque pièce, nous avons eu le droit à quelques moments réellement merveilleux. Ainsi, Michaïl Lifits nous a livré une version hallucinante de la première ballade en sol mineur de Chopin. Le pianiste est parti dans un tempo très lent soulignant le côté dépressif de l'œuvre. Le musicien a fait preuve d'une grande maîtrise en réussissant à capter l'attention de l'auditoire dans ce tempo. Igor Levit fait aussi parti de ces musiciens qui savent vous faire sentir lors de l'attaque de la première note qu'ils vont à un point précis et qui vous gardent en halène jusqu'à la fin du morceau.
La partie la plus intéressante du concert fut sans doute la fin, quand il y eu enfin interactions entre les différents protagonistes du concert. Ce fut d'abord une discussion entre Marcela Roggeri et Franck Avitabile, l'une énonçant une étude de Chopin, l'autre répondant par une improvisation en rapport.
Si on sentait Igor Levit conscient de la présence des autres pianistes sur scène quand il jouait, si on percevait ses yeux dialoguer avec les autres musiciens, ceux-ci restaient muets, et leur présence n'apportait rien. Là, enfin, la présence de plusieurs pianos se justifiait.
Pour conclure le concert, Franck Avitabile avait composé une pièce, around Chopin, pour quatre pianos et huit pianistes. Cette œuvre permit de réunir tous les instrumentistes dans une ambiance plus décontractée, certains allants même jusqu'à échanger leur partition lors de la reprise pour le bis.
Concert plutôt décevant donc : le principe était intéressant, le résultat manquait de rythme, si ce n'est la fin qui sauvait tout. Peut-être qu'un jeu d'interrogations d'œuvres, à la manière du duo Avitabile/Roggeri, généralisé à l'ensemble du concert et sans présentateur aurait été plus satisfaisant. Ici, le résultat se plaçait entre numéros de cirque présentés par Monsieur Loyal et audition de fin d'année de piano. Dommage car le niveau musical était bien plus élevé.
Raphaël ARNAULT
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