Les lycéens à l'assaut du « pavé »

Publié le mercredi 03 février 2010

Avec les 750 pages du « Club des incorrigibles optimistes », les lycéens ont de quoi occuper quelques heures de lecture.

Avec les 750 pages du « Club des incorrigibles optimistes », les lycéens ont de quoi occuper quelques heures de lecture.

Remi WAFFLART

«Avec 750 pages, on avait quand même un peu peur que ça fasse beaucoup et que la mayonnaise ne prenne pas ! Mais finalement, ça a l'air de prendre… » Marie-Christine Tilly enseigne le français à Jean XXIII. Et elle est en train de relever un joli défi avec ses secondes : les pousser à lire un livre, un vrai, sans images, rien que du texte ! Et un gros livre même, ce qu'on peut appeler un pavé : les 750 pages du dernier Goncours lycéens, « le Club des incorrigibles optimistes », de Jean-Michel Guenassia. Certains parmi nos anciens, qui se délectaient des Misérables ou qui ne reculaient pas devant Guerre et paix, rigoleront peut-être doucement. Cependant à notre époque de télé, de jeux vidéo et d'internet, le pari de Mme Tilly n'est pas gagné d'avance. « Les élèves ont effectivement du mal à lire, admet-elle. Même des romans policiers ; quand ils arrivent à la moitié, il y en a toujours qui trouvent que c'est trop long ! »




Closer et c'est tout

Exemple on ne peut plus parlant avec Léa, 15 ans et demi. Au retour des vacances de Noël, au contraire de la plupart de ses camarades, elle ne s'est toujours pas lancée à l'assaut du gros volume narrant les souvenirs d'un ado au tournant des années 50-60 : « Je suis trop désespérée devant l'épaisseur du bouquin, reconnaît-elle, je n'ai pas l'habitude de lire, en fait je ne lis rien, à part des magazines du genre Closer, des revues de mode etc... Mais dans la classe, il y en a qui m'ont dit que c'était bien, alors je vais m'y mettre. » Fort heureusement pour Mme Tilly et Marie-Hélène Leguèbe, la patronne du CDI (centre documentation information) de l'établissement, qui pilote avec elle l'opération, tous les élèves ne sont pas aussi effrayés que Léa.

« J'en suis à la page 460, témoigne ainsi Arnaud, 15 ans ; je ne suis pas un grand lecteur, et quand j'ai vu les 700 pages, j'ai trouvé que c'était beaucoup. Mais j'ai fini par bien accrocher. » « Pour ma part, confie Thomas, 16 ans, ça ne m'a pas fait peur, j'ai déjà lu des gros livres, ceux de Werber (les Fourmis, Nous les dieux…) des romans scientifiques ; et celui-ci, c'est un autre genre, mais je le trouve intéressant. » « Finalement c'est assez facile à lire, ajoute Clément, il n'y a pas de longues descriptions, c'est surtout narratif… »

Nos jeunes lecteurs auront-ils atteint la 750e page le 25 février ? Ça serait préférable : c'est qu'à cette date en effet, ils rencontreront l'auteur en personne ! Ça la ficherait mal s'ils lui avouaient qu'ils n'ont pas réussi à venir à bout de son pavé…

Antoine PARDESSUS

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