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Les gargouilles aux gorges de plomb, au palais du Tau

Publié le samedi 18 août 2012 à 09H23 - Vu 334 fois


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Christophe Mauriaucourt, toujours aussi impressionné  par les images de la catastrophe.

Christophe Mauriaucourt, toujours aussi impressionné par les images de la catastrophe.


REIMS (Marne). Au Palais du Tau, des gargouilles cracheuses de plomb rappellent les heures sombres de la cité des sacres.

DIX-NEUF septembre 1914 : un peu plus d'un mois après la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France, une pluie de bombes s'abat sur Reims.
Les obus allemands touchent la cathédrale. Un échafaudage resté en place sur la tour nord prend feu dans l'après-midi. L'incendie ne tarde pas à se propager à la charpente en chêne du XVe siècle.
« Ce sont 1 200 tonnes de bois qui s'enflamment, un véritable incendie de forêt », explique Christophe Mauriaucourt, guide au palais du Tau.

Des démons qui crachent du plomb

Sous la chaleur, les 400 tonnes de plomb de la toiture fondent et se déversent à travers les gargouilles de l'édifice, jusque-là plutôt destinées à l'évacuation des eaux de pluie.
Dans une salle consacrée à l'histoire de la cathédrale martyre, le palais du Tau expose quelques-uns de ces monstres de pierre conçus par l'architecte Viollet-le-Duc.
Dans leur gueule, en même temps que le plomb, l'histoire s'est figée pour l'éternité. Alignées sous les photographies d'époque illustrant la catastrophe, les gargouilles témoignent de cette journée en enfer.
« On peut s'imaginer le choc de nos aïeux devant leur cathédrale ravagée par les flammes. Ces démons crachant du plomb en fusion, c'est une image forte, une vraie vision d'Apocalypse ! » s'exclame Christophe Ma- riaucourt.
« Lorsqu'on évoque la Première Guerre mondiale, les gens pensent aux tranchées. Les combats de la guerre 1914-1918 ont aussi durement touché les villes, un quart de la France a été détruit », poursuit le guide.
Il suffira d'une journée pour que la cathédrale, symbole de Reims, subisse des dommages irréversibles. Les travaux de reconstruction débuteront en 1919 et durent encore de nos jours.

Contraste saisissant

Aujourd'hui encore, le contraste entre le granit blanc des gargouilles et le noir de cette gerbe de plomb est saisissant. Et ne manque pas d'attirer l'attention des visiteurs de passage dans la cité des sacres.
« Plusieurs Américains m'ont confié que l'anecdote leur évoquait la catastrophe du 11 septembre 2001 et la chute des tours jumelles. » Les blessures de la Première Guerre mondiale se sont refermées, la cathédrale a fêté ses 800 ans mais les gargouilles du palais du Tau portent toujours les stigmates de cette journée du 19 septembre 1914 - comme pour nous inviter à ne pas oublier les heures sombres de notre histoire.

Sophia Andreotti

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politinco

18/08/2012 à 19h04

vision impressionnante, terrifiante et fantastique à la fois et un très bel article de surcroît.

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