Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

Les deux sextuors de Brahms pour clore la saison lyrique

Publié le mardi 29 mai 2012 à 11H00 - Vu 80 fois


Six professeurs du CRR donneront ce concert.

Six professeurs du CRR donneront ce concert.


REIMS (Marne). Dans les années 1860, Brahms affleure la trentaine. Il est au faîte de ses moyens musicaux et inaugure sa longue série de chefs-d'œuvre. Son trio opus 8 l'avait déjà introduit dans le cercle privilégié des maîtres de la musique de chambre. Cette décennie voit l'éclosion des deux sextuors qui comptent parmi ses plus nobles inspirations. Ils font appel à deux violons, deux altos et deux violoncelles et adoptent la coupe en quatre mouvements. L'esprit classique de Brahms, égaré dans la tourmente romantique, s'y épanouit avec la plus lumineuse ambiguïté. L'opus 18 fut terminé à l'automne 1860. Un succès immédiat !… pour la fraîcheur d'inspiration, la gracilité des thèmes, la bonne humeur. On s'empressa d'évoquer à son égard les grands classiques viennois. Mais Brahms ne manquait nullement de personnalité dans sa manière tout à fait originale de mettre en scène les six instruments qu'il s'amuse à répartir : là deux violoncelles et deux altos face aux deux violons ; ici, trois duos ; là encore deux trios où alternent deux violons et un alto face à un violon et deux violoncelles.
Dernier amour
Drôle, mais d'une humeur exquise, tel ce suave andante où coulent six variations marivaudant sur un savoureux thème au parfum populaire.
Cinq ans plus tard, Brahms achevait son opus 36. Une page bucolique comme toutes celles composées à cette période lors de ses séjours à Baden, en Forêt Noire, où le charme pastoral se substitue aux songes fantastiques hérités du Nord. La forme est assez semblable à celle de l'opus 18 et les jeux instrumentaux poursuivent leurs caprices. On a nommé cet ouvrage l'Agathe-Sextett.
« Ici, je me suis délivré de mon dernier amour », écrivait Brahms à son ami Joachim. Ultime souvenir d'Agathe von Siebold que le jeune maître avait aimée… Dans le premier mouvement, après l'énoncé du second thème se glisse un furtif motif de cinq notes A.G.A. (T) H.E. qui fait chanter dans la notation germanique le nom de cet amour fané. Le sextuor en sol majeur est plus ouvragé, plus dense que l'opus 18. Son écriture très polyphonique le rend peut-être moins immédiatement accessible. Mais la beauté de l'écriture (voyez, encore, les variations du Poco adagio), l'originalité de la forme, l'intensité de l'expression poétique, ne tardent pas à combler l'auditeur attentif.
L'équipe est estampillée Conservatoire régional de Reims… pour notre plus grand bonheur ! Les six instrumentistes y sont professeurs. Le niveau de leur interprétation nous dira combien les élèves rémois ont de chance d'avoir de tels maîtres ! Violons : Aline Zeller, Valérie Robert ; Altos : Maud Gastinel ; Nathalie Perlot ; Violoncelles : Marc-Didier Thirault, Sophie Delcourt.
Francis ALBOU
Jeudi 31 mai à 20 heures à l'Opéra, place Myron-Herrick.

Imprimer Recommander Wikio digg

Il n'est plus possible de contribuer à cet article.

Les dernières contributions


Sandec

29/05/2012 à 18h23 | 1

Compliments aux six professeurs et tout particuliérement à Nathalie Perlot, amie de" jeunesse " qui je vois est toujours animée de cette meme passion, bravo à elle pour sa réussite actuelle et future.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952