Les artistes contemporains s'approprient l'art du vitrail

Les artistes contemporains s'approprient l'art du vitrail

Publié le dimanche 23 octobre 2011 à 11H00 - Vu 107 fois

REIMS. Le Musée des beaux-arts accueille jusqu'au 26 février prochain une exposition mettant en lumière le travail d'artistes du XXe siècle autour du vitrail. Chagall, Sima, Knoebel et Soulages y sont notamment à l'honneur.

L'art du vitrail a évolué au fil des siècles avec une forte accélération durant le XXe siècle. La cathédrale de Reims, dont on fête cette année le 800e anniversaire, en est la parfaite illustration. C'est dans ce cadre, et dans la continuité de l'installation de vitraux de l'artiste contemporain Knoebel en juin 2011 dans la cathédrale, que le Musée des beaux-arts propose une très belle exposition intitulée : « Couleurs et lumière : Chagall, Sima, Knœbel, Soulages… des ateliers d'art sacré au vitrail d'artiste ».
« Couleurs et lumières… le sujet peut paraître bateau mais c'est un vrai sujet », souligne David Liot, directeur du musée rémois. « La question est de savoir qu'est-ce qu'un artiste peut apporter à un édifice ? Est-ce qu'il impose la couleur ? Est-ce qu'il laisse la lumière entrer ? Quelle peut être la place de l'art contemporain dans ce travail ? Chaque artiste y répond à sa manière en échange avec un maître verrier. C'est tout cela que cette exposition veut montrer sans être pour autant exhaustive. »
C'est durant la période de l'entre-deux-guerres, porteuse de tradition et d'avant-garde, que la perception du vitrail va réellement changer avec le passage du vitrail de maître et peintre verrier au vitrail d'artiste lui-même. « L'histoire commence en effet avec la reconstruction qui favorise l'émergence de sociétés d'artistes chrétiens qui vont travailler ensemble. » On retrouve ainsi des noms comme Maurice Denis et Georges Desvallières qui créent ensemble les Ateliers d'art sacré. Ils seront rejoints par Jean Hébert-Stevens et Pauline Peugniez. D'autres groupes sont constitués, tous bénéficiant d'une immense vitrine lors de l'exposition de 1925.
De superbes baies et panneaux d'essais
Certains sont déjà à l'époque sensibles aux tendances de l'art contemporain. L'apparition de l'abstraction dans les vitraux se développe vraiment après 1945 avec notamment l'Ardennais Raoul Ubac. Reims sera aussi à cette époque un lieu de grande effervescence avec la présence d'érudits humanistes, d'ateliers d'art (on pense principalement à Simon Marq) et d'artistes qui viennent s'installer. André Malraux lui-même y fera référence.
Après une présentation générale de cette évolution, avec notamment de très belles baies d'essais de vitraux exposées (il était difficile de démonter des églises !), l'exposition du Musée des beaux-arts s'arrête sur quelques artistes qui ont marqué cet art et notamment Reims. Le premier mis en avant est le dernier arrivé, en la personne de Knœbel. L'artiste allemand vient d'installer en juin dernier des vitraux dans la cathédrale de Reims. Au Musée des beaux-arts, une salle lui est consacrée avec 54 planches de même taille sur le thème de la couleur et de l'abstraction, une sorte d'hommage à Matisse. L'artiste a également donné à la ville un vitrail qui est installé à l'emplacement de la seule fenêtre de cette pièce du musée et à travers lequel on distingue la cathédrale.
Place ensuite dans l'exposition à Marc Chagall. La pièce présente plusieurs de ses tableaux et poteries mais aussi les études qu'il avait faites pour les vitraux de la cathédrale de Reims. Une section est également consacrée à Sima et Viera da Silva qui ont travaillé sur les vitraux de l'église Saint-Jacques de Reims, avec un zoom en vidéo sur l'atelier Simon-Marq. Un dernier espace met en avant le travail de Pierre Soulages autour de l'abbaye de Conques dans l'Aveyron, sans oublier un petit espace pédagogique sur le verre et le vitrail. L'ensemble est d'une très belle facture et permet de découvrir tous les aspects du vitrail aujourd'hui.
Grégoire Amir-Tahmasseb
Photos Hervé Oudin

L'union l'Ardennais