Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

Le Vouzinois sauve l'honneur

Publié le mardi 19 juin 2012 à 11H00 - Vu 138 fois


1 2 3 4 5
Au « château » de Contreuve, le « châtelain », sa fille et une voisine assurent le spectacle, sous trois magnifiques fenêtres Renaissance.

Au « château » de Contreuve, le « châtelain », sa fille et une voisine assurent le spectacle, sous trois magnifiques fenêtres Renaissance.


On peut lui dire merci. L'Association de sauvegarde du patrimoine vouzinois (ASPV) a organisé la seule manifestation ardennaise lors de la journée nationale du patrimoine de pays.

LORSQU'ON sait que les Ardennes étaient l'un des rares départements à ne pas figurer au programme de la Journée nationale du patrimoine de pays, on mesure l'importance de l'ASPV et de son armée de bénévoles. Lesquels ont joué de malchance, puisque leur manifestation a été « zappée » par les organisateurs de cette quinzième édition…
Quoi qu'il en soit, les quelques centaines de personnes qui ont déambulé, dimanche, dans les ruelles de Contreuve et Sugny, ne l'ont pas regretté.

Clou du spectacle

D'une part, ils ont bénéficié, tout l'après-midi, d'un soleil qui semblait vouloir se racheter. D'autre part, ils ont découvert ces trésors cachés que l'on appelle le « petit patrimoine », au sein de deux mystérieux villages de 70 âmes.
L'objectif, pour l'ASPV, est toujours le même : promouvoir deux communes proches, aux atouts méconnus, et dont les habitants souhaitent s'impliquer.
Après Briquenay et Harricourt l'an passé, ce fut le cas, par exemple à Contreuve, avec la « première dame » Marie-Suzanne Colin, épouse du maire, qui a multiplié les visites commentées de l'église.
Tandis qu'à deux pas, un petit marché présentait le travail d'artisans, qu'un peu plus loin, Aurélie Bonhomme présentait son élevage de chevaux… camarguais, le clou du spectacle avait lieu au « château » de Contreuve (un corps de garde réaménagé à la Renaissance).
Dans ce qui est aujourd'hui la ferme de Jean-Claude Viellard, un drôle de spectacle était donné. L'agriculteur a en effet joué, avec sa fille Dorine et leur voisine Carine, une saynète en costumes, tout droit sortie de l'histoire du château. Elle conte comment, le 4 novembre 1584, les trois filles de l'intraitable seigneur de Sugny, s'enfuirent pour échapper aux coups du vieux grincheux. Évidemment, la justice donna raison au seigneur…
 

Les grognards de Sugny

À Sugny, les curieux avaient rendez-vous à l'entrée du village, dans ce lavoir ingénieux dont le plancher peut être abaissé, en fonction du niveau du ruisseau.
Plus loin, le lion de Sugny rappelle qu'ici, à l'automne 1917, les Allemands créèrent un hôpital militaire casematé (en partie enterré), complété par un ensemble prodigieux de bâtiments (pigeonnier, chenil, centrale électrique, morgue…). Comme bien des soldats qui y passèrent, ce poste de secours eut une vie brève : en octobre 1918, ses installations furent abandonnées.
Enfin, au chapitre des surprises, le château de Sugny (privé, on ne pouvait le voir que dimanche), a séduit les passants, avec sa tour ronde en brique et son magnifique parc.
Et que dire de la toute petite église de Sugny, élevée au XIVe siècle : tout au fond, vous attend une statue de saint Antoine au cochon, qui fut rapportée… d'Égypte par des grognards de Bonaparte.
Peut-être s'agissait-il de Nicolas Driard, enterré juste devant l'église, dans une tombe devenue illisible avec le temps. Entre 1805 et 1815, cet enfant du village participa en effet à douze campagnes de l'empereur, avant d'être blessé à Waterloo…
Comme quoi, le petit patrimoine rejoint souvent la grande Histoire.
Guillaume LÉVY

Imprimer Recommander Wikio digg

Il n'est plus possible de contribuer à cet article.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952