Publié le dimanche 29 novembre 2009 à 01H00 - Vu 1 fois
Les abords de la Vesle à Reims sont considérés comme une zone sensible en matière archéologique. Lorsqu’un projet immobilier a été lancé en bas de la rue de Venise, en bordure du canal, l’Inrap a d’abord établi un diagnostic qui a incité les archéologues à approfondir le sujet.
Des fouilles très longues, de plus d’une année, de juin 2008 à juillet 2009, menées par neuf personnes sur 4 000 m2 ont permis de révéler la présence d’entrepôts à usage commercial et artisanal qui étaient implantés en bas de la cité gallo-romaine entre le premier et le quatrième siècle de notre ère. Le milieu humide de l’endroit a conservé dans un parfait état les différents objets organiques qui ont été retrouvés, qu’ils soient en cuir comme des chaussures intactes, ou en bois, comme des peignes, des éléments de meubles, des charnières ou des travaux fins comme la réalisation de queues d’aronde, de grands tonneaux de deux mètres de profondeur ou encore des planches soutenant la berge sur laquelle les bateaux venaient accoster.
Ces éléments attestent la navigabilité de la rivière dont les rives avaient été aménagées pour acheminer des marchandises. D’autres vestiges comme des fours ou des brosses à carder la laine témoignent de l’implantation de forgerons et de tisserands.
La capitale de la Gaule Belgique
Des prélèvements de sédiments de deux à trois tonnes avec des graines, du pollen, voire des coquilles de noix et noisette, des noyaux de pêches et de prunes et un nombre incalculable de céramiques apportent des renseignements utiles sur la vie quotidienne dans la ville des Rèmes qui, grâce à des échanges commerciaux importants avec les Romains, bien avant la conquête, était devenue la capitale de la Gaule Belgique sur un territoire qui englobait le nord-est de la France, la Belgique, une partie des Pays-Bas et l’ouest de l’Allemagne.
La découverte de graines permettra également de déterminer la couverture végétale de l’époque et les espèces d’arbres qui étaient plantées.
Les travaux en laboratoire vont désormais accaparer les chercheurs pendant une paire d’années. « On aura des fourchettes de datation très réduites grâce à la date d’abattage des arbres qu’on mettra en liaison avec les dates de création des céramiques retrouvées sur place », explique Philippe Rollet, responsable de ce chantier qu’il présentera samedi à Châlons-en-Champagne.
Les connaissances actuelles sur la grandeur de Reims à l’époque gallo-romaine sont ainsi remises à flot grâce à cette intervention en milieu aquatique.
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