Publié le mercredi 28 novembre 2007 à 01H00 - Vu 48 fois
Cette année pour aller embrasser le père Noël sur le village, il faut s'acquitter de 1 euro, une première. Les Rémois sont surpris. François Clément, président des Vitrines de Reims, explique. PHOTO (Christian LANTENOIS) : 1 euro pour aller voir le père Noël. Les visiteurs comme les commerçants expriment leur mécontentement.
Christian Lantenois
«J'Y crois pas ! Un euro pour voir le père Noël ! » A l'image de cette jeune femme, de nombreux visiteurs ont eu la surprise de constater que pour aller embrasser le père Noël, sur le village, il fallait désormais payer.
Devant le chalet, les remarques fusent : « Le père Noël doit aussi avoir des problèmes de pouvoir d'achat », sourit cette autre maman. « Finalement, il est peut-être un peu radin ! » ajoute cette autre.
« Depuis deux ans, j'emmène mon petit garçon le voir », raconte Maryse. « Nous venons tous les jours. Jusqu'à présent, c'était gratuit. Samedi, j'étais tellement surprise que j'ai dit « c'est fini », plus jamais. Et puis je me suis ravisée, Gary est trop content de venir le voir ».
Gary, 5 ans, a les yeux fixés sur le chalet. Il trépigne. « Le père Noël, c'est son rêve », poursuit Maryse. « Il y croit encore. L'année prochaine, au CP, ce sera certainement fini. Alors, je veux qu'il en profite ».
Rééquilibrer
« Pour autant, je n'ai pas beaucoup de moyens », ajoute la maman. « Je fais très attention à mon budget. Mais comment expliquer à Gary que l'on ne va plus voir le père Noël parce que c'est payant. Il ne va pas comprendre. Alors tant pis, on fera l'impasse sur autre chose ».
Quotidiennement, Gary apporte un petit cadeau. Aujourd'hui, il est venu avec une rose.« En cours d'année, je prévois toujours un petit budget pour ça », explique Maryse. La maman précise : « Ce que je regrette surtout c'est de ne pas avoir été au courant avant. Comme ça, j'aurais pu anticiper. Là, j'ai vraiment l'impression qu'il y a désormais un père Noël pour les riches et un père Noël pour les pauvres ».
François Clément, président des Vitrines de Reims relativise : « C'est vrai, les années précédentes, c'était gratuit. Pour cette édition, nous avons dû changer. Le père Noël, les deux hôtesses qui l'accompagne sont des personnes qu'il faut rémunérer. L'année dernière nous avons été en déficit. Une situation qui, pour notre crédibilité envers nos partenaires privés mais aussi la mairie ou l'office de tourisme, ne peut se renouveler ».
« Un euro, cela reste une somme symbolique », ajoute-t-il.
Le président avance également une autre raison : « Parfois, il y a tellement de monde, les week-ends notamment, que les enfants ne peuvent pas aller le voir. Par ce biais, cela va permettre un rééquilibrage entre ceux qui venaient plusieurs fois dans la semaine, voire plusieurs fois dans la journée et ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion de venir l'embrasser».
Le petit train aussi
Le petit train, également gratuit, coûte désormais trois euros. « Pour le petit train, c'est pareil », assure le président. « Il faut payer un chauffeur, une personne qui assure la sécurité, plus la location. Nous avons étudié le coût au minimum. De plus les années précédentes on refusait du monde et souvent un groupe de jeunes le squattait ».
Mais de toute évidence, François Clément ne veut pas d'enfants déçus. « Pour les groupes, comme pour les associations, nous faisons 50 %. Et pour les enfants défavorisés, ce sera gratuit », précise-t-il. « Le père Noël doit rester un rêve. Et vraiment je ne peux pas voir les enfants pleurer parce qu'ils ne peuvent venir l'embrasser ».
Catherine Tellier
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Une pétition pour revenir à la gratuité
Les commerçants sont, eux aussi, en colère. Le sentiment est général : « C'est honteux » disent-ils. Alors à l'initiative d'Emilie Vayron, qui pour l'heure se fait leur représentante, une pétition commence à circuler.
« Les commerçants sont remontés », assure-t-elle. « Cet euro pour embrasser le père Noël, c'est tout simplement inadmissible. On n'a pas le droit de gâcher le Noël des enfants. La magie de ce moment doit rester intacte ». Elle ajoute : « On pourrait comprendre que l'on fasse payer, l'été, les structures gonflables, par exemple, mais Noël et le père Noël, non, jamais ».
Pour l'heure, la pétition va circuler chez tous les commerçants de la place d'Erlon, des rues Condorcet et Théodore-Dubois. Après signatures, elle sera remise à l'association « les Vitrines de Reims » et à la mairie. Avec un seul espoir : « Que ce procédé s'arrête tout de suite », fustige Emilie Vayron « et que l'on revienne à la gratuité ».
La lettre qui circule s'intitule ironiquement « Le père Noël est-il une ordure ????» En voici le texte : « 1 euro… pour toucher ma barbe ou bien me faire prendre en photo, vous avez le choix. Le père Noël doit avoir des fins d'années difficiles !!! Il est vrai que désormais on a remplacé les rennes et le traîneau traditionnel par de gros 4x4. Rassurez-vous, il paraîtrait que la carte « familles nombreuses » serait acceptée pour ceux qui avaient l'habitude de le rencontrer en toute amitié. Chères Rémoises et chers Rémois, le père Noël est devenu un luxe ».
C.T.
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