Publié le mercredi 17 février 2010 à 10H52
Pat Boudot-Lamot a choisi une version minimaliste du fameux Crossroads de Robert Johnson… à la mandoline.
Pas de vacances pour le blues à Manureva ! Après Miguel M. le 3 février, Pat Boudot-Lamot le 13, voici un troisième concert qui se profile ce jeudi 18 février avec Nina Van Horn (voir ci-dessous).
Malgré une fidélisation accrue du public blues à Manureva depuis quelques années, il arrive que pendant les vacances, l'assistance soit plus confidentielle.
Ce fut le cas pour Pat Boudot-Lamot en solo, samedi soir. Le guitariste parisien en a profité pour se rapprocher de son public et donner à la soirée un ton plus intimiste qui a finalement eu beaucoup de succès.
Pat Boudot-Lamot était déjà venu jouer dans cette petite salle de Charleville, comme accompagnateur de Neal Black notamment.
Mais en solo, il prend le temps, d'une part, de chanter ses propres chansons en français aux textes poétiques et bien écrits et, d'autre part, de fouiller dans les archives américaines du blues qu'il aime passionnément.
« Ce qu'il y a de magique avec le blues, c'est que ce sont des chansons écrites par d'autres… mais tu as l'impression que c'est ta vie qu'elles racontent ! »
Et même la ballade de Vidocq...
Pat Boudot-Lamot est un vrai musicologue du blues avec ce qu'il faut de pédagogie pour vous donner l'envie de retourner fouiller vous-même au plus profond des racines si, par hasard, vous avez suivi le même parcours que ce natif des fifties, à savoir que vous avez découvert le blues grâce à des groupes comme les Rolling Stones ou les Animals.
Arrivent alors dans le panthéon de Pat Boudot-Lamot de grandes figures tutélaires comme Robert Johnson, Muddy Waters ou (beaucoup moins connus) Arthur Blind Blake et Mississippi John Hurt. Sûr que vous ressortez de la « leçon » de blues de Pat Boudot-Lamot moins profane qu'avant.
Au passage, vous avez appris que Gainsbourg avait composé en son temps la musique du feuilleton télé des années 60 Vidocq et que La chanson du forçat fait un bien joli blues. Que Bob Dylan vénère Arthur Rimbaud et que le pape du folk-rock américain ne serait pas ce qu'il est s'il n'avait été frappé par le premier 78 tours de Robert Johnson ; Dylan se disant même que, chacun à leur manière, « Rimbaud et Johnson étaient deux types qui sont allés plus loin que les autres ! ».
Rimbaldien convaincu, Pat Boudot-Lamot a, comme Rimbaud, fugué à 17 ans.
« Alors que lui est monté à pied à Paris pour rencontrer les poètes parnassiens, moi j'ai fait le chemin en sens inverse pour venir à Charleville en stop ! ». Le bluesman avoue qu'il a un rapport particulier avec Charleville. « Je suis très ému en pensant que Rimbaud a habité à 200 mètres d'ici ! ». Emu au point d'avoir composé un instrumental baptisé Place Ducale, dans lequel il imagine Arthur, sa sœur Isabelle et la mère Rimb traverser le place Ducale d'un pas pressé. Le public de Manureva en a eu la primeur samedi soir.
Patrick FLASCHGO








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