Publié le jeudi 25 février 2010 à 12H00
A Charly, le Sparnacien Jean-Claude Gouvenaux (de dos, avec Pierre Gau, face à lui) : le Colmar au centre des conversations.
L'amertume gagne le petit monde de la discipline après l'annulation de l'édition 2010 de Paris-Colmar.
AVEC ses plus de 80 participants issus de quatre nations (France, Pays-Bas, Belgique, Espagne), la 13e mouture des 8 Heures de Charly-sur-Marne avait des allures d'un petit Paris-Colmar. Une mince consolation pour l'ensemble des acteurs, animés d'un sentiment teinté d'amertume depuis l'annonce de l'annulation de l'édition 2010 de cette épreuve de légende, confrontée à des problèmes financiers.
« J'ai toujours entendu des rumeurs plus ou moins inquiétantes sur le financement de Paris-Colmar mais elles conservaient un caractère confidentiel car la course se déroulait quand même, parfois tant bien que mal », déplore un ancien marcheur de grand fond, sous couvert d'anonymat. L'omerta n'a plus cours.
Missive maladroite ?
A Charly, le monde de la marche athlétique a fait part de sa colère, sans doute pour mieux évacuer la frustration : « Les marcheurs font une nouvelle fois les frais de la mauvaise gestion des organisateurs », s'attriste Edith Gau, cheville ouvrière du rendez-vous carlésien avec Pierre, son époux. Ce dernier était sollicité pour être le commissaire général du Colmar 2010. Et beaucoup de dénoncer « la lettre malencontreuse aux conséquences dévastatrices » envoyée aux villes partenaires (Neuilly-sur-Marne, Colmar…) et aux sponsors par l'ancien marcheur Roger Quemener, membre du Comité des Sports Français (CSF), organisateur de l'épreuve.
L'écrit les informait des difficultés financières rencontrées. Le vainqueur de Strasbourg-Paris (1 fois) et de six Paris-Colmar a quitté le CSF « pour ne pas être mêlé à une mauvaise gestion ». Il attribue la responsabilité de la missive « à Jean-Pierre Grange », membre de l'organisation. Le souvenir douloureux de la précédente annulation, en 2004, a ressurgi amèrement dans les têtes notamment du Barrois Thierry Heinrich : « Les marcheurs avaient appris la nouvelle un mois seulement avant le départ. Cette année, c'est six mois mais les conséquences sur leur moral sont les mêmes. Certains se préparent plusieurs années à l'avance pour le Colmar et quand tout s'écroule, ils se cachent pour pleurer. »
Nombre d'entre eux, à l'instar du Normand Alain Costils, se retrancheront sur les 6 Jours d'Antibes (6 au 12 juin) dont la notoriété est moindre. D'autres ambitionneront un podium au championnat de France des 24 heures, à Bourges, dans deux semaines.
Sage Letessier
Au sein d'une communauté qui se déchire, la vérité sort peut-être de la bouche du sage et discret Gilles Letessier, quatre fois 2e à Colmar, cité atteinte à 19 reprises (record absolu) : « A quoi bon montrer du doigt untel ou un autre. Je crois qu'on n'a pas su faire ensemble, humainement. » A méditer, pour mieux repartir en 2011 ?









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