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Laetitia Casta étoffe son registre

Publié le dimanche 10 avril 2011 à 11H00 - Vu 322 fois



Est-ce que « Rio », sur les écrans mercredi, est votre première expérience dans le domaine de l'animation ?
J'avais déjà fait « Le monde de Charlotte » dans lequel j'avais interprété une araignée. Ce film m'avait réconciliée avec les araignées !
Pour quelle raison êtes-vous attirée par le cinéma d'animation ?
Ce genre est l'occasion pour moi d'aller explorer de nouveaux territoires en humanisant un personnage animé. La carcasse est là, l'action est là et vous donnez votre âme.
Avez-vous été séduite par le caractère de votre personnage, un perroquet femelle ?
Oui. C'est un garçon manqué avec beaucoup de charme et d'humour.
« On dit que j'ai du caractère »
Ce personnage vous ressemble-t-il sur le plan de l'énergie ?
Oui. On dit que j'ai du caractère. Je suis connue pour cela. Mon énergie a servi le personnage.
Le travail est-il différent de celui avec un personnage en chair et en os ?
C'est un concentré de tomates ! Dans la voix, il faut donner l'émotion et le physique, traduire les péripéties car mon personnage bat des ailes ou tombe d'une falaise. Tout doit s'entendre dans la voix en restant sincère.
Comment avez-vous procédé ?
J'ai essayé de vivre les situations qui arrivaient à mon personnage quand il se retrouve par exemple avec un boulet, attaché à Blu le perroquet héros de cette histoire qui ne sait pas voler. Il se passe des choses sur le plan émotionnel. Il y a tout un parcours du personnage. J'ai voulu voir le film en version originale avant pour voir l'histoire en entier et amener ce que j'avais envie d'y mettre.
Lorànt Deutsch prête sa voix à Blu. Avez-vous fait le doublage ensemble ?
On a travaillé un moment ensemble mais, en général, le doublage se fait chacun de son côté. Je suis en plus assez physique. Je donne des coups de coude ou je saute. Il faut bouger pour apporter une vie alors que l'on fait du surplace. Il faut penser à des détails comme la respiration. Elle n'est pas la même quand on marche ou quand on ne bouge pas. J'ai en plus préféré les scènes d'action, les moments où nos personnages se jettent, ressentent la peur ou font des roulés-boulés. J'ai été emballée par ce côté clownesque.
Combien de temps a duré le doublage ?
Il s'est fait en deux jours. Ce fut donc un travail assez intense.
« J'étais fière de faire un dessin animé pour le montrer plus tard à mes enfants »
Comment s'est passé le travail en France ?
Carlos Saldanha, le réalisateur, n'était pas là mais il a validé par la suite les voix françaises. Nous avons eu tout de même une direction d'acteurs dans le studio par une personne qui était très ouverte à nos propositions.
Cette femme m'a permis d'aller dans des ruptures tout en restant fidèle à l'esprit de mon personnage car certaines choses me plaisaient moins dans la version américaine.
Lesquelles ?
Dans la version américaine, on ne comprenait pas à quel moment mon personnage tombait amoureux. Je me suis permise de montrer cette continuité de mon personnage.
Avez-vous mis la même minutie en préparant votre chanson ?
Je ne savais pas en fait que je devais chanter. Quand je l'ai appris, j'ai voulu m'entraîner car je devais monter dans les notes aiguës. C'est agréable, en tant qu'acteur, de chanter et de danser. Il était aussi plus intéressant pour moi d'aller jusqu'au bout de mon personnage. J'aurais été embêtée que quelqu'un d'autre chante à ma place par rapport à l'émotion.
Comment situez-vous cette nouvelle expérience cinématographique dans votre carrière ?
J'ai trouvé qu'il était important que je la fasse car elle me paraissait sérieuse et intéressante. Je recherche la diversité dans ma carrière. Rien à la base démontre que je puisse faire de l'animation. J'ai donc voulu explorer ce domaine. J'avais une deuxième motivation : j'étais fière de faire un dessin animé pour le montrer plus tard à mes enfants.
« Au théâtre J'ai le cœur qui bat »
Votre fille, aînée de vos trois enfants, aura bientôt dix ans. N'a-t-elle pas l'âge de voir des dessins animés ?
Je dis plus tard car mes enfants ne se rendent pas forcément compte que je suis à l'écran.
Referez-vous du théâtre ?
J'y ai pris goût et j'en ai vraiment envie mais j'attends de trouver le rôle et la pièce. Je recherche une histoire d'amour passionnelle.
Pourquoi êtes-vous autant attirée par le théâtre ?
Au théâtre, j'ai le cœur qui bat. Je joue avec le public.
Quels sont vos projets au cinéma ?
J'ai tourné « Derrière les murs », un film fantastique de Pascal Sid et Julien Lacombe qui sortira le 15 juin et un film bulgare. Je dois jouer ensuite dans « La guerre des boutons » de Christophe Barratier et « Les adorés » de Hélène Fillières d'après le roman « Sévère » de Régis Jauffret, un livre qui s'inspire de l'histoire du banquier Edouard Stern assassiné par sa maîtresse. Le film racontera des choses qui me touchent énormément sur l'amour.
« Mes choix sont aujourd'hui en harmonie avec ce que je suis »
Pourriez-vous préciser ?
Il y a plusieurs formes d'amour. On ne peut pas juger comme cette affaire criminelle avec Bertrand Cantat et Marie Trintignant. Hélène Fillières va ouvrir un débat. Sans parler du côté glauque, du cul ou des tenues, j'ai eu envie d'y aller car elle me propose un rôle de femme magnifique. Chaque rencontre avec un metteur en scène me nourrit. J'ai pris conscience de mon évolution. Mes choix sont aujourd'hui en harmonie avec ce que je suis. Quand j'ai démarré, j'étais heureuse que le cinéma me propose des sujets. Je le remerciais presque. Aujourd'hui, le désir est mutuel.
Refusez-vous plus de scénarios aujourd'hui ?
J'en refusais aussi avant. Mais maintenant, si le projet ne correspond pas à mon désir, je le refuse. Cela change tout dans le jeu. Le choix est important. Il est la preuve de la maturité. Le film bulgare m'a été par exemple douloureux à faire car je joue une femme passive, enfermée sur une île avec son mari qui lui donne du fil à retordre. Mais il m'a appris énormément car, au cinéma, on ne joue pas ce qu'on est mais quelqu'un d'autre qui nous fait vivre des choses qu'on serait incapable de vivre.
Propos recueillis par Fabrice Littamé
flittame@journal-lunion.fr
1978 Naissance le 11 mai à Pont-Audemer.
1999 Premier film : « Astérix et Obélix contre César » de Claude Zidi.
2000 « Gitano », film de Manuel Palacios.
2001 « Les âmes fortes », film de Raoul Ruiz.
2002 « Rue des plaisirs », film de Patrice Leconte.
2003 « Errance », film de Damien Odoul.
2004 Première expérience théâtrale : « Ondine » de Jean Giraudoux dans une mise en scène de Jacques Weber.
2006 « Le grand appartement », film de Pascal Thomas.
2007 « La jeune fille et les loups », film de Gilles Legrand.
2008 « Nés en 68 » film d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau et la pièce « Elle t'attend » de Florian Zeller.
2009 « Visage », film de Tsai Ming-liang.
2010 « Gainsbourg, vie héroïque », film de Joann Sfar.

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