Publié le lundi 29 mars 2010 à 12H00 - Vu 194 fois
Les Amis de Rimbaud réunis samedi devant la tombe du poète. Au premier plan, Jacqueline Teissier-Rimbaud, arrière-petite-nièce d'Arthur, photographiant la gerbe de fleurs qui vient d'être déposée. De dos, Louis-Claude Paulic, vice-président de l'association.
SUR les pavés de la place Ducale et de la rue Moulin, entre les tombes du cimetière de l'avenue Boutet, il faisait gris et plutôt frisquet ce week-end. Et la pluie confirmait tristement l'adage local : un vrai temps ardennais !
Est-ce la prévision de cette météo maussade qui a cloué chez elle Claude Ber ? En tout cas, la poétesse attendue samedi pour venir tenir compagnie à son homologue algérienne Samira Negrouche, a dû se battre non pas avec la métrique mais avec un méchant lumbago et déclarer forfait. Du coup, ce Printemps des poètes 2010 sous-titré « couleur femme » respectait un peu moins cette (dis) parité souhaitée au plus haut niveau. Un seul être vous manque…
Samedi matin, la pluie lavait le marbre blanc de la pierre tombale de la famille Rimbaud, tandis que Louis-Claude Paulic, le vice-président des Amis de Rimbaud (en l'absence du président James Lawler) et l'adjoint carolo à la culture Julien Sauvage, accueillaient in situ les membres des Amis de Rimbaud venus comme chaque année en pèlerinage à Charlestown.
80e anniversaire
2010 est pour l'association une année symbolique : elle fête ses 80 ans. En effet, c'est le 27 octobre 1929 qu'Ernest Delahaye et Jean-Paul Vaillant l'ont créée à Charleville, symboliquement au pied de la statue du poète qui se trouve encore dans le square de la gare.
Un premier bulletin en janvier 1931. Les Amis de Rimbaud sont alors plus de 200. D'illustres écrivains président tour à tour l'association : Henri de Régnier, Paul Claudel, Georges Duhamel…
En 1949, la revue prend le nom de Bateau Ivre, en 1954 c'est la grande exposition du centenaire de la naissance d'Arthur, en 1973 la revue est baptisée Rimbaud Vivant, puis vient la période des professeurs présidents avec Pierre Brunel et James Lawler.
Aujourd'hui, l'association s'applique à venir tenir son assemblée générale dans la ville natale de Rimbaud, à l'occasion du Printemps des poètes. La deuxième journée de ce week-end sacré est également très attendue par les pèlerins rimbaldiens ; c'est toujours l'occasion de chaleureuses agapes et de menues découvertes sur la vie de Rimbaud. Hier, les Amis se sont laissés guider par Marc Danval, journaliste de la RTBF, qui avait préparé une balade Rimbaud-Delahaye.
En effet, un jour de mai 1871, les deux amis sont allés retrouver Paul Verlaine de l'autre côté de la frontière.
Train de Charleville à Sedan, puis malle-poste jusqu'à Bouillon. Ils se sont arrêtés à l'hôtel des Ardennes et les trois ont déjeuné à l'hôtel de la Poste. Même si la première enseigne n'existe plus, la seconde reste ce bel établissement chargé d'histoire que l'on connaît sur la rive de la Semoy.
Cordon ombilical jamais coupé
La journée devait se poursuivre par quelques haltes supplémentaires : à Jehonville et Paliseul, où Verlaine séjournait dans sa famille, aussi à Corbion où les ruines de la « maison de Verlaine » (à quelques mètres de la frontière française) sont désormais dégagées de leur fouillis de verdure.
Même si le siège social des Amis de Rimbaud a été déménagé de Charleville à Paris en 1967, « le cordon ombilical ne sera jamais coupé », dit Louis-Claude Paulic, qui ajoute fort à propos ce beau vers de René Char évoquant Rimbaud : « Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi ».
Patrick FLASCHGO
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