Publié le mercredi 09 mai 2012 à 07H41 - Vu 120 fois
« Traviata » est le 18e opéra de Verdi.
REIMS (Marne). Trois représentations de la Traviata seront données à l'Opéra, pour évoquer le destin tragique de Violetta Valéry, les 11, 13 et 15 mai.
FATAL ! Nul ne résiste à ce torrent mélodique, à cette férocité du quotidien qui scellent ce que l'on appellera le Vérisme. Rien de plus pathétique que le destin tragique de cette banale Violetta Valéry (Marguerite Gautier dans « La Dame au Camélia » elle-même inspirée de Marie Duplessis, célèbre courtisane du Paris romantique…) qui donne sa vie pour celui qu'elle aime, le bel Alfredo.
« Traviata » est le 18e opéra de Verdi. Le maître vient tout juste d'effleurer la quarantaine. En trois ans, il signe trois chefs-d'œuvre qui vont modifier en profondeur l'univers lyrique : « Rigoletto » en 1851, « Il Trovatore » et « La Traviata » début 1853. La première a lieu à Venise. Un fiasco ! Pour mille raisons… Mais un an plus tard, le public vénitien se ressaisissait couronnant l'ouvrage d'une gloire impérissable.
Ce qui subjugue ici, c'est bien la proximité du compositeur avec les souffrances humaines. D'une incomparable somptuosité mélodique, il parvient à exprimer les différents sentiments, états d'âme, faiblesses et grandeurs des protagonistes, comme s'il les vivait lui-même. C'est précisément le cas !
Bouleversant !
Une quinzaine d'années avant la conception de cette fameuse trilogie, entre 1837 et 1840, il perd coup sur coup ses deux enfants, et, l'année suivante, sa chère Margharita qui n'avait que 26 ans… « Je suis seul, désespérément seul », écrit-il alors. Sa lutte pour survivre aboutit deux ans plus tard à « Nabucco », enfin, au grand bouleversement de « Rigoletto ».
Il est émouvant de suivre musicalement le déclin de Violetta mais en même temps, son ascension vers la rédemption. À l'acte I, son ambitus vocal est vertigineux : deux octaves et une pyrotechnie à couper le souffle. Au troisième, les phrases coulent dans un minuscule registre de tierces conjointes. Insensiblement, la musique nous mène de ce monde vers l'autre. Bouleversant !
De même Germont qui, d'abord arrogant à l'acte II, s'humanise très vite face au charisme de Violetta. Son air « Puro siccome un angelo », réfléchit la tendresse mélodique de l'héroïne.
L'orchestration est un chef-d'œuvre d'efficacité et de précision. Et ce flot mélodique ! Rien d'étonnant à ce que l'ouvrage soit l'un des « tubes » inéluctables du répertoire. De fait, c'est la 3e fois que l'on donne « Traviata » depuis la réouverture de l'Opéra de Reims en automne 2000 ! Depuis longtemps, les trois représentations de mai sont complètes… ou presque. Navrant pour les autres monuments lyriques moins en vue !
Venera Gimadieva (jeune soprano du Bolchoï) endossera l'écrasant habit de Violetta et le ténor lithuanien Edgaras Montvidas celui d'Alfredo. C'est à la basse Marzio Giossi que reviendra le privilège de chanter les sublimes arias de Germont. L'orchestre de l'Opéra de Reims et l'Atelier Lyrique seront sous la baguette de Giacomo Sagripanti. Mise en scène signée Jean-Romain Vesperini.
Francis Albou
La Traviata, à l'Opéra de Reims, vendredi 11 mai à 20 h 30, dimanche 13 mai à 14 h 30 et mardi 15 mai à 20 heures. Tél. 03.26.50.03.92.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site





