Publié le dimanche 07 février 2010
DIX-NEUF heures : le groupe théâtre du Cercle Pierre-Bayle arrive à la MJC Calonne. La « Première » de « Musée haut, Musée bas », adaptée de Jean-Michel Ribes débutera dans une heure trente, mais tout doit être parfaitement au point.
Nicole Seran vérifie encore les costumes hallucinants. Fleurs en tissu piquées sur le chapeau, serre-tête en ruban… aucun accessoire ne doit manquer, pas même le bout de sparadrap sur la branche des énormes lunettes à triple foyer qui vont orner le nez de l'un des étranges visiteurs de ce musée en folie ! « La MJC est une salle agréable à laquelle nous sommes très attachés. Comment sera la nouvelle structure ? » s'interroge l'infatigable costumière de la troupe.
Les dames en bas, les hommes en haut, chacun se maquille dans les loges et la tension monte ! Jacques Seran, qui signe une nouvelle fois la mise en scène, réunit sa troupe : « Pas un mot dans les coulisses et concentration maximum sur scène ».
Un public « excellent »
Mais la compagnie amateur, qui réjouit chaque année les spectateurs d'une nouvelle pièce, a tout d'une grande. Son exigence, son professionnalisme sont notoires. « On forme comme une grande famille qui vit la même passion du théâtre ! » résume une comédienne. Un quart d'heure avant le coup d'envoi, la tension monte ! Les rires étouffés sont un peu nerveux, les estomacs commencent à gargouiller. Une comédienne propose généreusement une petite goutte pour faire passer le trac, d'autres s'en remettent à leur bouteille d'eau. « Il ne faut pas regarder le public, sinon c'est foutu » glisse une élégante en robe bariolée.
Après cinq mois de préparation, dont plusieurs semaines de répétitions intensives, tout le monde attend impatiemment d'entrer en scène. Derrière les rideaux, la salle est comble, comme à chaque spectacle du Cercle Pierre-Bayle, la petite « Comédie française » de Sedan.
Et ça y est, c'est parti. En habit de directeur de cirque, Jean-Christophe affronte le premier les lumières et le public. Les comédiens entrent et ressortent, changent de costumes et de rôles. Le spectacle s'enchaîne tambour battant. Vue par le Cercle Pierre-Bayle, la pièce de Ribes devient un cirque surréaliste, avec ses guides-clowns, sa conservatrice-dompteuse, et ses visiteurs aux allures d'écuyère, de danseuse, ou de panthère ! Les costumes, les répliques, les mimiques font mouche : la salle glousse de rire, applaudit les plus longues tirades et finit par applaudir à tout rompre ! Troisième, quatrième rappel : la scène s'éteint.
Nicole Seran souffle un grand coup : « On avait bien répété mais on n'est pas à l'abri d'un trou de mémoire ! ». « Quel bonheur, quel bonheur » clame Jocelyne, « le public était excellent ». La joie se lit sur tous les visages. Un week-end intensif s'annonce : les comédiens ont ajouté une quatrième représentation pour satisfaire le nombreux public. D'ici ce soir 400 personnes environ seront venues les applaudir. Et une tournée commence à se profiler : Stenay, Mouzon (pour le 1er mai), Vouziers, Reims à l'occasion du festival « Brut de scène » et Bouillon. Mais il va falloir commencer aussi les répétitions du nouveau spectacle prévu pour le festival médiéval.
D.B.









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