La créatrice du Ramsès veut passer la main Club libertin à vendre

Publié le jeudi 21 janvier 2010

Michèle : l'heure de passer d'un monde à l'autre…

Michèle : l'heure de passer d'un monde à l'autre…

Mélisa HARIOT

«LE sexe, ça marchera toujours… ». Le sexe marchera sans doute, mais ce sera bientôt sans elle. C'est décidé, Michèle, 49 ans, -Mimi pour les habitués- la patronne du Ramsès, met en vente son établissement, le seul club libertin du département. Et ce, afin d'écouler des jours paisibles, à la retraite, dans le sud de la France.
Mine de rien, c'est toujours elle la reine des nuits coquines à Châlons depuis plus d'une décennie. Pas que des nuits d'ailleurs. Celle aussi des cinq à sept discrets, au sein des alcôves confidentielles et dans une ambiance qu'elle sait manier de main de maîtresse.
Historiquement le Ramsès avait été le bar Saint-Loup. C'était il y a environ vingt ans. Ici alors ne venaient que des habitués, venus boire le coup de rouge sur le zinc.
La commissaire adepte de gâteries
Puis il y eut le Sphinx avec une connotation déjà un plus ciblée autour des choses du charme. Et puis vint Mimi avec une idée neuve dans le coin : « J'ai bien vu qu'il y avait une demande des couples dans le domaine de l'échangisme ».
Elle s'était lancée, avec sa gouaille et sa gentillesse en guise d'accroche, comme autant de produits d'appels. Et la mayonnaise a pris. Les locaux ont changé, offrant derrière la façade un peu austère, une vraie culture des ambiances chaudes. Le bar à l'accueil. A l'étage, une salle. A la salle du dessous, l'extase. L'extase libre de toute contrainte : ici, viennent les amants, se côtoient les vrais libertins en quête de frissons de tous genres. Ici, rien que des gens libres dans leurs choix et leurs goûts. Ici, une fois le droit d'entrée réglé, rien ne s'achète, rien ne se vend dans le domaine des choses de l'amour : « Tout doit être consenti ».
Du coup, sans jeu de mot, avant même que le Ramsès ne soit vendu, Mimi a les boules : « c'était quand même mon bébé ». Elle ressasse ses anecdotes, comme cette descente de police à l'initiative de l'administration, visite impromptue et sans rapport avec une soirée particulièrement débridée ou tout le monde pratiquement était nu : « Ils nous ont demandé nos papiers. Un de nos clients a dit : on est désolés, on ne les a pas sur nous ! Tout le monde a bien rigolé ! ».
Michèle rit encore de cet inspecteur des impôts, « fidèle des petites foirinettes », à poil devant tout le monde après avoir un peu trop arrosé sa soirée. Et que dire de cette commissaire (pas de la région) adepte des petites gâteries ?
Des maires et des élus
Mimi aime à se souvenir aussi de ces autorités et officiels, capables de mettre l'écharpe tricolore dans la poche, d'ôter la rosette de la veste, et de n'apparaître une fois la porte refermée sur l'intimité du club que vêtu du seul maillot de peau qui les a vus naître : « Il y a beaucoup de gens importants qui viennent chez nous, des maires, des élus. Mais en général, ceux de leur ville préfèrent éviter d'aller sur un club de leur zone ».
Bon, c'est bien beau tout cela, mais à ses yeux, quel profil devra donc avoir celui remplacera Mimi dans son établissement ? : « Je pense que cela doit être une femme. Elles ont plus de tact pour mettre tout le monde à l'aise ».
Qui vivra verra donc. En attendant, il y a donc eu la Michèle de la nuit et il y aura celle du jour. La folie du monde nocturne ne lui manquera-t-elle pas ? : « J'aurai un pincement au cœur. Mais je dois tourner la page… J'ai envie de prendre du temps avec mon fils, qui ne souhaite pas reprendre l'affaire, et mon mari ». Eh oui un mari ! Que pense ce dernier du métier de son épouse : « On a toujours été en phase. Toujours d'accord qu'il ne servait à rien de se prendre la tête pour ce qui concerne le sexe ! »
Fabrice MINUEL

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