Publié le jeudi 18 février 2010 à 12H00
Le spectacle sera présenté au Conservatoire les 6, 7 et 10 mai prochains.
« V OUS allez trop vite. Ça doit swinguer. Je sais, ce n'est pas facile, c'est à la fois du rap et du slam. Vous avez 16 mesures pour placer vos textes. Faut que vos corps frétillent. » Avec une énergie débordante, Éric Reynal encourage la vingtaine de jeunes engagés depuis décembre dans la création d'une comédie musicale intitulée « La peau de l'autre », dont il a écrit la musique (avec des arrangements d'Alain Siegel), tandis que Virginie et Bernard Marsan, auteurs du texte, présents à ses côtés dans la belle salle de la Maison de la vie associative, complètent la colonne vertébrale de l'association « Les Petits musiciens », à l'origine de ce spectacle qui sera présenté au Conservatoire les 6, 7 et 10 mai prochains.
« Ce n'est pas du Shakespeare », prévient tout de suite Bernard Marsan. « Nous avons voulu en dix-huit tableaux raconter en parallèle autour du lycée Rosa parks des histoires d'amour, de racisme, de maladie, de peur de l'autre avec la discrimination en toile de fond et des flèches qui font mal parfois. Nous avons voulu montrer comment devant leur lycée des jeunes s'aiment, se détestent, se consolent. La vie quoi. Et au milieu de ces jeunes, il y a Palissandre, un étonnant SDF qui joue à sa façon le rôle de médiateur, le détenteur du bon sens, de la justice et de la justesse. »
100 heures de répétition
Commencée en décembre, la mise en place du spectacle, qui connaît des temps forts pendant les vacances scolaires, va nécessiter près de 100 heures de travail avec des raccords qui seront faits les week-ends, à la maison de la vie associative ou au théâtre du Chemin-Vert. « Il fait intervenir plusieurs établissements », précise Bernard Marsan : Saint-Jean-Baptiste de la Salle pour les décors, l'image et le son, le lycée Europe pour les costumes, le maquillage et les coiffures, Libergier pour la communication. »
Du concret
Le métier et les chorégraphies de Sofiane Fiorucci et d'Aurélie Dalle rentrent doucement chez les jeunes acteurs. « Il faut connaître vos textes. Vous n'avez jamais vu un artiste avec une feuille de papier », leur lance Bernard Marsan. Pour le refrain, ouf, ça va beaucoup mieux :
« Dans notre vie d'aujourd'hui,
il faut souvent tromper l'ennui.
Un sentiment d'exister,
Un besoin de communiquer. »
Les jeunes sont unanimes. Ils sont heureux de faire partie de ce qu'ils considèrent comme une belle aventure. « Je viens pour m'éclater », affirme Ludivine, 17 ans, lycéenne à Jean-Jaurès. « C'est intéressant de sensibiliser les jeunes aux discriminations avec des histoires de jeunes justement. Tous les tableaux de ce spectacle sont importants, mais c'est vrai, c'est du boulot. »
Alex, 17 ans, du lycée Murigny, prend du plaisir dans l'aventure pour apprendre le chant surtout. « Il y a une vingtaine de messages à faire passer. » Et si la chanson « Noir et blanc » lui paraît fondamentale, Alex ne pense pas qu'il y ait d'importants problèmes de discrimination à Reims.
Audrey, 21 ans, salariée de l'Éducation nationale, est ravie aussi. Les deux tableaux qui lui paraissent les plus importants traitent du sida et du racisme au coin de la rue.
Quant à Christian, 15 ans, du collège Université, « c'est l'envie artistique » qui l'a fait entrer dans la création de cette comédie musicale contre le racisme. « Ce qui est bien, c'est qu'il s'agit d'histoire de lycéens. N'importe quel élève peut se sentir tout de suite concerné. »
Alain MOYAT
Spectacle donné les 6, 7 et 10 mai prochains au Conservatoire. En matinée pour les scolaires, en soirée pour tous.









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