Publié le mardi 31 juillet 2012 à 11H00 - Vu 119 fois
Bois carbonisé, graines, mais aussi trous de poteau... « Les gens ont encore du mal à se dire qu'on ne retrouve pas que des céramiques, des trésors ou des os et que pourtant au même titre que tous ces objets, ces objets font sens et nous donnent des informations », lance Olivier Brun.
CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). Dans le cadre de son expo d'été, la Vitrine du conseil général passe au crible les découvertes archéologiques réalisées dans les Ardennes et met en lumière les méthodes utilisées par les experts.
DIDACTIQUE et ludique. Présentée à la Vitrine du conseil général durant cet été, l'exposition « Les Ardennes sous nos pas » revient sur les méthodes archéologiques et les découvertes notoires réalisées dans les Ardennes par la cellule départementale d'archéologie.
Le visiteur pourra tout d'abord se confronter aux enjeux et techniques utilisées dans le cadre de l'archéologie préventive. L'équipe effectue des fouilles lors de chantiers d'ampleur, celui de l'A304 par exemple. Mais pas seulement. La cellule mène aujourd'hui six campagnes de fouilles en même temps.
Cette intervention constitue un préalable avant l'enfouissement du site si ce n'est sa destruction pure et simple.
Un état de fait qu'accepte Olivier Brun, responsable de la cellule : « On accepte la destruction des vestiges. Il faut le voir comme une opportunité. S'il n'y avait pas ces travaux, on n'aurait pas l'occasion d'étudier le sol. »
Seuls 10 % de la zone sont fouillés après que des sondages mais aussi divers repérages ont été effectués. « Nos outils vont du pinceau et de la pelle aux instruments de dentiste en passant par la tractopelle. »
Tessons de verre, os, silex, pièce de monnaie mais aussi graines, bois carbonisé… l'archéologue exploite un ensemble de vestiges des plus diversifiés.
Intervient ensuite la phase de datation et d'identification.
Carbone 14
Au vu des techniques et savoirs mobilisés, il est clair que l'archéologue du XXIe siècle relève plus de l'expert scientifique que d'Indiana Jones.
Il dispose aujourd'hui d'un arsenal scientifique conséquent (dendrochronologie, stratigraphie, carbone 14…). Les visiteurs peuvent ainsi identifier un morceau de poterie grâce à un classeur typologique des céramiques.
Mais les découvertes ne s'arrêtent pas là. A l'étage, un espace dédié aux fouilles sur la Première Guerre mondiale est présenté. Au programme : la reconstitution du camp militaire allemand à Apremont mais aussi la mise au jour de treize corps allemands soufflés par l'explosion d'obus.
Uniformes, objets du quotidien et intimes… ajoutent de l'émotion à cette exposition.
La période gallo-romaine est également mise en lumière grâce aux fouilles archéologiques. La tombe à char de Bourcq et son exceptionnel mobilier sont exposés à côté de plusieurs restitutions de l'habitat typique.
M.T.
Photos Angel GARCIA
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