Publié le lundi 08 février 2010 à 01H00
Franck Nève, dans son restaurant à Nanteuil-la-Forêt. Pour lui, les propriétaires de biens immobiliers ne sont peut-être pas suffisamment bien renseignés.
J.G.-A.
C'EST un fait : les campagnes regorgent de gîtes et de chambres d'hôtes. Les campagnes seulement. Car à en croire Franck Nève, président départemental du label Clé Vacances - l'autre accréditeur de ces structures avec Gîtes de France - les villes de la Marne en manquent cruellement. A Epernay par exemple, seules deux maisons proposent des chambres d'hôtes et il faudra sortir de la ville pour trouver le premier gîte labellisé.
« Les gens ne savent pas toujours qu'ils peuvent se diversifier, et faire de la courte durée », explique-t-il. L'avantage, selon lui, à se lancer dans ce type d'activité, plutôt que de louer son bien sur une longue durée, « c'est qu'au moins, on garde un œil sur son patrimoine, et qu'il est parfaitement entretenu ». En clair, il prend aussi de la valeur.
180 nuits par an
Studios, appartements, maisons, roulottes, péniches, « tout est possible », poursuit-il. D'après lui, une chambre d'hôte à Epernay a un potentiel d'occupation « d'au moins 180 nuits par an ».
Alors pourquoi n'existe-t-il pas davantage d'offre ? Les propriétaires manqueraient d'information sur les possibilités qui s'offrent à eux, estime-t-il. Et la labellisation en ville est relativement récente. « Mais ce manque est un phénomène très marnais », poursuit Franck Nève, pour qui il faut convaincre les habitants qu'il y a du potentiel ici aussi. Par ailleurs, « l'avantage est que nous ne sommes pas soumis à la saisonnalité ».
Car en dehors du tourisme pur, il faut aussi penser aux voyages d'affaires, ou même au passage lié aux cérémonies familiales, comme les mariages, etc.
Toutefois il existe aussi des propriétaires qui créent ce type d'offre sans pour autant adhérer à un label. Mais en milieu rural essentiellement, là aussi. « Et puis cela peut poser des problèmes en cas de litiges », indique Franck Nève qui rappelle que la labellisation est aussi gage d'une certaine qualité liée aux contrôles.
Quant aux hôteliers qui ne voient pas toujours d'un bon œil cette concurrence, Franck Nève estime que c'est faire un mauvais procès aux gîtes et chambres d'hôtes. « Moi, je paie la même TVA pour mon gîte », se défend-il. Les frais liés au personnel par exemple ne souffrent pas la comparaison. Mais pour lui, il ne s'agit pas « forcément de la même clientèle. Et n'oublions pas que les personnes qui louent un gîte consomment sur place, c'est intéressant pour tout le monde ». Dans tous les cas, il ne s'agit que d'une activité annexe, qui demande souvent des investissements liés à l'aménagement.
J.G.-A.
Renseignements sur le site internet de la chambre d'agriculture de la Marne : www.marne.chambagri.fr








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