Publié le dimanche 01 juillet 2012 à 11H00 - Vu 206 fois
Rencontre. Gad Elmaleh joue les héros romantiques dans « Un bonheur n'arrive jamais seul » à l'affiche depuis mercredi. Le voici plein écran alors qu'il s'est beaucoup consacré au cinéma cette année.
Quelle raison vous a poussé à tourner dans « Un bonheur n'arrive jamais seul » ?
Sophie Marceau uniquement pour être honnête ! Je ne sais pas si les acteurs font cette réponse quand on leur pose cette question mais le nom de mes partenaires me décide à faire un film. J'avais aussi aimé le scénario à la lecture, j'étais attiré par l'idée de tourner une comédie romantique et je connaissais les films de James Huth dont j'avais adoré « Brice de Nice ». Mais le nom de ma partenaire fut décisif.
Comment dirige-t-il ?
James Huth aime le plan large. C'est un peu la vision que les spectateurs ont de moi sur une scène. Cela m'a permis d'improviser et de faire du burlesque.
Est-ce que vous jouez avec votre fils Noé comme avec les enfants dans le film ?
Oui beaucoup. Dès que j'arrive chez moi, j'éteins le portable, je lui fais des câlins, je vois des DVD avec lui, je fais des voix d'animaux, je cours dans l'appartement avec lui.
Avez-vous des points communs avec votre personnage ?
Non. Alors qu'il est insouciant, je suis écrasé par la culpabilité et le sentiment de responsabilité vis-à-vis de ma famille. J'ai besoin que tout soit en ordre, que les factures soient payées. La seule chose qui nous rapproche est la musique.
« je vais tenir mon premier vrai rôle dramatique»
Etiez-vous attiré par l'idée de jouer un musicien ?
Le côté musique m'éclatait car je suis aussi pianiste, fan de jazz. Mais je joue moins bien que mon personnage. J'aurais aimé être un bon pianiste et cela restera une grande frustration de ma vie. J'ai préparé un morceau pendant de longs mois mais je ne pourrais pas en jouer plusieurs.
Jouez-vous beaucoup chez vous ?
Je joue tous les jours une petite heure. Je prends aussi des cours. Mais, en ce moment, je ne joue pas car je suis en tournage et j'ai du texte à apprendre tous les soirs.
Pour quel film ?
Je suis en train de tourner « L'écume des jours » sous la direction de Michel Gondry. Avec lui, le roman de Boris Vian devient doublement surréaliste.
Avez-vous tourné autre chose entre-temps ?
J'ai tourné « Les seigneurs » d'Olivier Dahan mais aussi « Le capital » de Costa-Gavras qui est un film très sérieux, tiré d'un roman. Je vais tenir mon premier vrai rôle dramatique. Je joue un banquier. L'histoire traite de la dérive du système financier international.
« Quand je ne fais pas le con, je suis triste »
Après avoir joué beaucoup de comédies, recherchez-vous maintenant des rôles plus dramatiques ?
J'avais envie de tomber sur le bon scénario. On m'avait proposé ce type de rôle mais c'était souvent des postures.
Est-il plus facile de jouer un rôle comique ou dramatique ?
Le timing de la comédie est plus compliqué. Dans la comédie, il faut être le moteur, il faut être actif, il faut la fabriquer, il faut chercher les effets.
Dans le drame, on est davantage porté. J'ai demandé à Costa-Gavras pourquoi il m'avait choisi. Il m'a répondu que, quand je ne fais pas le con, je suis triste.
Mais je n'aimerais pas qu'on dise que j'ai fait un virage comme Coluche avec « Tchao Pantin ». Je déteste cette expression. Ce n'est pas une performance même si Coluche a été magnifique en suggérant l'humanité de son personnage. Mais la performance est plutôt liée à la scène et à l'interprétation de personnages comiques.
Quand referez-vous de la scène ?
J'y pense mais je n'ai pas encore écrit mon prochain spectacle.
Comment menez-vous de front vos deux carrières sur scène et au cinéma ?
Ce n'est pas compliqué à gérer. Je les mène par période. Mais cette année a été purement cinématographique. Pour la première fois, je n'ai pas un film entre deux tournées comme je le faisais. J'ai arrêté la tournée et j'ai enchaîné les films. Cela m'a aidé à progresser.
Allez-vous privilégier maintenant le cinéma ?
Non même si j'ai fait quatre films cette année.
« Une manière de conjurer la mort »
Vous faites aussi une apparition dans « The Dictator »
de Larry Charles à l'affiche en ce moment. Pourquoi?
Sacha Baron Cohen qui tient le rôle principal dans ce film est un copain. Il m'avait proposé un personnage plus conséquent mais je ne pouvais pas le faire car j'étais en tournage.
Il m'a proposé de venir le voir sur le tournage et il m'a fait tourner dans une scène comme un clin d'œil.
Pourquoi aimez-vous tant faire des gags ?
Pour moi, ce ne sont pas des gags mais un langage, une façon de rentrer en rapport avec l'autre, une manière de conjurer la mort.
Quelles sont vos peurs ?
J'ai peur de la mort, de la calvitie, de la vieillesse.
Et sur un plan artistique ?
J'aurais peur de ne pas me renouveler ou de ne pas bien vieillir. J'espère que j'arriverai à avoir du recul sur moi tout le temps.
Propos recueillis par Fabrice Littamé
flittame@journal-lunion.fr
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site





