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Flâneries / Une galerie de rois très convaincante

Publié le vendredi 01 juillet 2011 à 07H29 - Vu 69 fois


Le charme a rapidement opéré.

Le charme a rapidement opéré.


Un sans-faute pour le Boston Camerata. Cinq concerts de musique ancienne interprétés par un même ensemble en l'espace de dix jours… Il fallait oser !
Après Guillaume de Machault et les trouvères, le dernier concert, hier soir au palais du Tau, rendait hommage aux rois. Le roi, ce personnage énigmatique, légendaire autour duquel se mêlent légendes, exploits, anecdotes et… défaites ! C'est un peu tout cela que l'on retrouvait dans ce concert élaboré par Anne Azéma. Bienvenue dans le monde de la royauté !

Les rois, mode d'emploi


Appel de sacqueboute sur la scène. Le cortège peut commencer à défiler ! « Le roi se meurt, vive le roi ! » entonne le chœur d'hommes accompagné de vielles de l'autre côté de la salle. Le public instinctivement se retourne comme pour accueillir et acclamer le cortège. Les chanteurs jouent leur rôle avec sérieux. Regards amusés des spectateurs. En quelques secondes, le charme opère.
Après ce premier chapitre consacré à la passation de pouvoir, il s'agissait de présenter le roi en pénitence. Très touchante déploration du roi David pleurant la mort de Jonathan. A la fin du chant, les mots s'espacent, la douleur l'emporte. Tristesse et solitude. Le malheur appelant le réconfort, le troisième chapitre retraçait cette fois un portrait humoristique du « mauvais roi ». « Le roi Rodolph ? Le meilleur des rois ! » affirme le chanteur dans « Des Künic Rodolp », avant de comparer celui-ci à… un porc ! Là, les interprètes s'amusent et jouent malicieusement avec le tempo, retardant la chute de la chanson. Quel régal !
Puis vint le chapitre sur la guerre. On y entend alors des rois se réjouissant de ces scènes de barbarie, d'autres encourageant les troupes avant le combat. La chanson « Ja nus hon pris » raconte le désespoir du roi Richard, prisonnier depuis deux longues années. Non, décidément, personne ne viendra payer la rançon exigée par les ravisseurs. Un curieux écho à notre actualité ! Les rois mourants concluaient le concert. La boucle est alors bouclée.
Mêlant musique de danse, histoires et explications ludiques, le Boston Camerata a su initier et convaincre tous les spectateurs, connaisseurs ou non, à ce répertoire si particulier qu'est la musique du Moyen Age.
C'est ainsi que se clôture le premier thème de ces nouvelles Flâneries musicales, premier thème consacré aux 800 ans de la cathédrale. Aujourd'hui débute celui consacré aux années folles : frénésie, musique jazzy… et c'est parti !
Cédrine ZWEIN

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