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Flâneries / Chants mariaux des trouvères

Publié le jeudi 30 juin 2011 à 08H00 - Vu 59 fois


Chants solennels et pièces plus « populaires » se sont succédé avec bonheur.

Chants solennels et pièces plus « populaires » se sont succédé avec bonheur.


Eblouissant concert, hier, de l'ensemble Boston Camerata qui a su adapter son interprétation à la variété des œuvres présentées.

LE Boston Camerata a poursuivi son hommage à la Champagne, hier soir, dans la plus ancienne église de Reims. Réunies dans le chœur de l'église Saint-Jacques, les cinq femmes de l'ensemble ont présenté un programme conçu comme un témoignage de dévotion mariale au Moyen Âge et comme un clin d'œil au célèbre Ange au sourire, de nouveau visible.
Organisé en cinq chapitres, tous introduits par un commentaire érudit -mais accessible pour le néophyte- d'Anne Azéma, le concert présenta des chansons mariales des XIIe et XIIIe siècles. Ces œuvres furent pour la plupart écrites par des religieux, comme le moine bénédictin Gauthier de Coincy qui était à l'honneur ce soir. Cependant, qui dit religieux ne dit pas forcément austère et c'est ce qu'a brillamment montré le Boston Camerata.
Si l'organum à trois Salve virgo virginum se rapproche des modes d'écriture de la musique liturgique, d'autres pièces sonnent plus « populaires ». C'est notamment le cas de « Mainte Chanson ait fait » qu'on imagine chantée en ronde par des jeunes filles. D'autres pièces se rattachent au répertoire du grand chant avec notamment la magnifique plainte « Las, las, las », ou bien mélangent les genres comme l'étonnant « Ja pour yver, pour noif ne pour gelee » où les couplets plaintifs s'opposent au refrain dansant.
Une telle variété de répertoire appelle une variété d'interprétation au moins aussi grande, ce qu'Anne Azéma, directrice de l'ensemble, a bien compris. Ainsi, le chant est soutenu par la vielle, dans « De l'estoile, mère au soleil », par le scintillement des cloches dans « Gedeonis area », mais aussi par le luth dans « Fleur de virginité » et même par des castagnettes pour « Mainte Chanson ait fait ».
Si l'instrumentarium ne manquait pas de diversité, c'était aussi le cas de l'interprétation des artistes. Comment ne pas s'attendrir devant l'imploration « Commencerai à faire un lai » de Thibaut de Champagne, magnifiquement interprétée par Jennifer Ellis Kampani ? Comment ne pas se laisser emporter par la mythologie chrétienne contée par Anne Azéna ? Enfin, comment ne pas se surprendre à vouloir taper du pied sur les danses en dialogue des deux viellistes ?
Mais comme la musique est quand même religieuse, en guise de bis, les interprètes chantèrent le « Benedicamus Domino », versicule terminant les offices médiévaux, avec le « Deo gratias » traité en organum à quatre. Vivement ce soir pour un prochain concert de ce merveilleux ensemble !
Raphaël ARNAULT

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