Publié le lundi 28 juin 2010 à 10H22 - Vu 118 fois
Un ensemble d'une vingtaine de cordes, un chef attentif et rigoureux menant son monde avec une douce fermeté… Voilà l'Orchestre d'Auvergne !… Arie Van Beek, chef originaire des Pays-Bas, a ses musiciens bien en mains et l'on sent qu'il partage avec eux une grande complicité.
Dès les premières notes du « Divertimento » KV 136 de Mozart, on est séduit par la qualité de la mise en place ainsi que par la justesse du tempo. L'andante progresse joliment, rappelant l'ardeur des interprétations baroques. Le final, remarquablement enlevé, révèle toute la cohésion de l'orchestre… et le génie du jeune Mozart !
Le public venu nombreux savourer le 2e Concerto de Chopin, pièce maîtresse du programme, allait découvrir une transcription pour cordes signée David Walter, professeur au CNSM de Paris, d'après l'original de Chopin.
Une déception relative contrebalancée par de fort belles trouvailles instrumentales, tel ce subtil jeu concertant entre le tutti des cordes et un quatuor soliste. L'essentiel du travail était alors aux mains de la jeune Laure Favre-Kahn. Sans remettre en cause la conception de l'ouvrage comme le fit Krystian Zimerman en 1999, elle détaillait amoureusement la partition, faisant chanter les thèmes et maîtrisant parfaitement les redoutables difficultés techniques malgré la chaleur torride rendant le clavier périlleux… Le Larghetto fut particulièrement rêveur s'épanouissant ici et là dans un véritable climat de musique de chambre nimbé de poésie. Le rondo final confirmait l'aisance technique de la pianiste et son intimité avec Chopin.
L'orchestre seul poursuivait le programme avec le prophétique « Angelus ! » de Liszt, page d'un modernisme étonnant, rappelant les mystiques méditations de l'oratorio « Christus ». La transcription, de Liszt lui-même, ne déméritait nullement par rapport à l'original tiré des « Années de Pèlerinage ».
La surprise de la soirée fut la découverte des splendides « Variations sur un thème de Franck Bridge » de Britten que l'orchestre interpréta avec une exceptionnelle conviction.
A la fois néo-classiques et audacieuses, elles rendaient parfaitement compte de l'esthétique musicale de l'entre-deux guerres.
La Romance, la Bourrée, la Marche Funèbre, la Fugue conclusive et bien d'autres variations suscitèrent l'enthousiasme d'un public ravi de savourer une merveille inconnue, grâce à Chopin !… et au merveilleux travail d'Arie Van Beek et de ses cordes.
Mais n'est-ce pas là l'une de ces grâces dont les Flâneries ont le secret ?
Francis Albou
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